juin 2008


Ca y est! Le dépôt institutionnel de l’ULg est lancé!
Le 25 février 2007, je vous annonçais dans ce blog la création d’une digithèque qui devrait contenir l’ensemble de la production bibliographique de l’ULg. Une révolution pour notre université, attendue d’une manière ou d’une autre depuis des décennies: l’accès libre à l’ensemble des publications de l’ULg! Le rêve!
On y trouvera toutes les publications ULg depuis 2002 et, dans un premier temps, le dépôt sera confiné à un groupe de volontaires acceptant « d’essuyer les plâtres » car il y aura certainement quelques petits couacs opérationnels.
Nous aurons ainsi tracé la voie. Nos collègues de l’UCL et de l’ULB annoncent l’ouverture proche de leur site également. Il ne restera qu’à convaincre le FNRS d’adopter une parfaite compatibilité et la vie des chercheurs sera bien plus facile en CFB.
Par ailleurs, et c’est bien là le but premier, le lectorat de nos auteurs sera immensément plus vaste et la notoriété de l’Institution ne pourra qu’en bénéficier.

L’ouverture d’ORBi devance ainsi de peu celle d’EOS, EurOpenScholar, le site piloté par l’ULg qui aura pour but premier la promotion de la création de dépôts institutionnels dans toutes les universités d’Europe.

La plupart des dépôts institutionnels ressemblent à des dépôts: ils sont sinistres. Ici, Paul Thirion et son équipe ont réussi la performance de rendre ce site élégant, remarquablement fonctionnel et de lui donner des explications très claires.
J’espère qu’ORBi aura le succès qu’il mérite et que nos chercheurs, souvent sévères à l’égard d’une université qui ne pouvait leur fournir une vitrine assez vaste pour leurs travaux, ne manqueront pas de se précipiter sur cette nouvelle opportunité, pour rendre accessible, orbi, au monde entier, toute la science générée par l’ULg.

Pour ceux qui penseraient que le dépôt institutionnel n’est pas leur problème, je rappelle que j’ai annoncé qu’ORBi serait désormais l’outil incontournable pour l’évaluation des publications* lors des nominations (sauf pour les extérieurs, bien sûr) ou des promotions dans l’Institution. C’est la manière la plus juste et la plus équitable de traiter ces dossiers aujourd’hui, en permettant un accès simple aux articles complets, rendant dès à présent obsolète le jugement très indirect basé sur les facteurs d’impact des journaux ou moyens similaires.
Croisons nos doigts pour que cette expérience réussisse et qu’elle atteigne son objectif. Ce sera le meilleur remerciement pour ceux qui s’y sont attelés depuis plus d’un an.

Rendez-vous sur ORBi!

*: les livres échappent à cette obligation, il est possible que certaines formes de publications puissent également faire exception, mais ceci devra faire l’objet d’un accord préalable.

Voici un petit gadget que le SEGI a réalisé à ma demande, fort joliment, je dois le dire : vous pourrez dorénavant trouver une version « mobile » du site Internet de l’ULg, formatée pour votre GSM ou pour votre PDA pour autant qu’il jouissent d’un accès Internet. Il vous suffit d’y mettre un signet vers « http://i.ulg.be » et vous y trouverez les dernières actualités, l’agenda, des liens utiles et, surtout, un accès direct au répertoire de l’ULg! Un élément de plus de l’université numérique que vous pouvez emmener partout avec vous… :-)

Futile, peut-être, mais confortable, élégant et à la page, non?

PS: le système est en fait optimisé pour l’iPhone, c’est là qu’il se présente le mieux…

Le rapport de synthèse de l’enquête CIUF/EduDOC sur les compétences informationnelles et documentaires des étudiants qui accèdent à l’enseignement supérieur en Communauté française de Belgique, enquête dont je vous parlais le 25 mai est maintenant accessible (en pdf) sur le site edudoc.be et sur le site du CIUF.

Un blog italien me fait l’honneur d’une allusion à propos des mérites de l’Open Access, des réseaux sociaux sur Internet et de l’Open Culture:

Ha senso parlare di innovare il mondo accademico se tra noi non c’è nemmeno un professore o perfino un rettore? (Phauly dice che offre un viaggio premio di due giorni a Trento al primo che convince un rettore italiano ad aprire un blog ;-) Ma purtroppo finora non abbiamo avuto un Rentier tra noi!).

Est-il judicieux de parler d’innovation entre les universités s’il n’y a même pas parmi nous un professeur ou même un recteur ? (Phauly annonce qu’il offre un voyage de deux jours à Trento au premier Italien qui convainc un recteur d’ouvrir un blog ;-) Mais malheureusement, jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de Rentier parmi nous !).

Décidément, les progrès vont vite dans le domaine de la communication scientifique par Internet.

Il existe au moins deux formes de communication: l’une amoncelle des données qui sont ainsi dispersées dans des milliers de publications et l’autre expose les progrès conceptuels réalisés par les chercheurs. C’est de la première que je parlerai ici. Elle trouve une solution à son problème de dispersion par l’utilisation de banques de données consultables. Depuis quelques années, ce procédé informatique a grandement soulagé les efforts de compilation de grands nombres d’informations.

Mais plus récemment, deux concepts techniques modernes ont convergé: la banque de données et les wikis, dont le plus célèbre est Wikipedia.
Cette convergence n’a rien d’étonnant, un wiki étant une banque de données à laquelle chacun peut apporter librement sa contribution. Selon Wikipedia, «Un wiki est un système de gestion de contenu de site Web qui rend les pages web librement et également modifiables par tous les visiteurs qui sont autorisés. On utilise les wikis pour faciliter l’écriture collaborative de documents avec un minimum de contraintes. Le wiki a été inventé en 1995 par Ward Cunningham […]. Le mot « wiki » vient du redoublement hawaiien wiki wiki, qui signifie rapide».

Un pas suffisait pour en arriver à des banques de données pouvant être à tout moment modifiées et enrichies par les travaux de chacun, et c’est ainsi qu’est né Wikiproteins, une banque de données de protéines où chaque chercheur peut apporter sa contribution, accélérant ainsi le processus d’accumulation de connaissances dans un domaine où la multitude des informations est démesurée.

Sans doute n’est-ce qu’un premier pas. On imagine sans peine l’apport d’un tel système dans des domaines aussi variés que l’étude des génomes, celle des corps et phénomènes célestes, celle des hiéroglyphes et des langues anciennes, celle du droit et de la jurisprudence, celle de la biodiversité, celle des changement climatiques, celle des mécanismes économiques, celles de la médecine basée sur l’évidence, bref, dans toutes les recherches qui font appel à des quantités incommensurables d’informations ponctuelles pour lesquelles une concentration des données en un même système de gestion modifiable individuellement (où elles sont vérifiables, confirmables ou infirmables par les pairs et ainsi corrigeables) constitue une planche de salut.

Au même moment se développe également le concept de knowlet permettant de mettre en réseau les concepts identifiés dans des textes et ainsi constituer des ramifications virtuelles qui étendent considérablement le champ de l’investigation et l’efficacité de celle-ci.

On entre ici dans le concept d’ « annotation communautaire » , une forme nouvelle de « réseau social informatique » conduisant à une accélération extraordinaire du processus de partage collectif du savoir.

Comme tout le monde le sait, une trombe d’eau s’est abattue sur la région liégeoise jeudi matin. Elle a frappé le Sart Tilman avec une violence et un débit inouïs. Les flots incontrôlables, emportant tout sur leur passage, ont traversé de nombreux bâtiments universitaires, les remplissant de boue et de gravats. Les dégâts sont importants en raison du matériel abîmé, du nombre de dépôts bibliographiques atteints (sans compter l’humidité qui, par temps chaud risque fort d’altérer très rapidement par des moisissures les livres et périodiques) et de la multitude de situations particulières dont nous prenons petit à petit connaissance.

Il s’agissait bien de conditions inattendues, « imprévisibles » en quelque sorte, même si un esprit chagrin a profité de l’événement pour critiquer sévèrement l’incurie des services d’entretien universitaires et du MET, et l’inconscience qu’il y aurait à mettre la réserve de livres dans un sous-sol inondable. Les bâtiments universitaires au Sart Tilman ont été construits entre 1966 et 2000, pour la plupart et s’il existe des défauts quelquefois majeurs dans la conception même de ces bâtiments, jamais une telle catastrophe ne s’est produite, elle ne pouvait donc être ni prévue ni prévenue, sauf à vouloir tout imaginer et tout prévoir. Nous n’avons d’ailleurs pas financièrement les moyens de prévenir l’imprévisible, c’est pour cela qu’on souscrit des assurances. Je suis sûr que cet énergumène aurait certainement vitupéré de la même manière si, au temps où il exerçait encore ses fonctions à l’université, on avait installé son bureau dans une cave obscure pour aménager les bibliothèques en hauteur…

Mais heureusement, pour chaque grincheux de cette espèce, il existe des dizaines de braves gens qui, lors de cet accident, se sont donnés sans compter pour éviter le pire.
On me cite les « techniciennes de surface » qui, au B31 avaient nettoyé l’accès au Foyer Culturel et l’auditoire Durkheim, dont elles avaient dégagé des quantités de boue. Elles étaient absolument exténuées et repartaient vers d’autres bâtiments sinistrés pour continuer, au moment où tout le monde quittait les lieux, faute de courant électrique.
On me cite le personnel des bibliothèques, au B52, au B6, au B32, se prêtant main-forte pour essayer de sauver ce qui pouvait l’être, de jeudi à samedi, devant renoncer à déblayer le bâtiment de géographie, où ils marchaient avec de l’eau jusqu’aux mollets, en raison des risques d’électrocution.
On me cite le personnel de l’Animalerie centrale au B23 où 3 étages en sous-sol ont été, de manière aussi subite qu’inattendue, envahis par le torrent d’eau boueuse, en même temps que se coupait le courant électrique dans tout le bâtiment. Tous se sont serrés les coudes pour, dans l’obscurité totale, parer aux urgences, dégager l’eau, protéger ce qui pouvait l’être et surtout veiller à la survie des animaux au mépris des risques pour eux-mêmes, risques pourtant évidents.

Toutes ces personnes ont fait preuve d’un dévouement exemplaire. J’ai proposé que, dans la mesure où la technique peut être rapidement mise au point, un hommage leur soit rendu sur le site web de l’ULg où une rubrique a été créée dès jeudi pour informer le personnel et les étudiants des progrès des secours et du retour à la normale. C’est ainsi que les anecdotes pourront y être rapportées dans un livre blanc virtuel où le courage et l’abnégation des uns et des autres seront reconnus publiquement.

En attendant, anonymement et collectivement, je les remercie tous du fond du cœur au nom de l’Université tout entière. C’est dans ces moments-là que la conscience professionnelle, mais aussi « l’esprit maison » se manifestent de la manière la plus émouvante.