Open Access


La politique des dépôts bibliographiques obligatoires se développe. Un billet intéressant de Heather Morrison fait le point.
Elle y décrit un spectaculaire bond en avant des dépôts institutionnels ou parfois départementaux. En un an, les obligations de dépôt enregistrées dans ROARMAP ont triplé, particulièrement grâce aux 26 institutions finlandaises qui ont adhéré à cette politique!
Le nombre de journaux en accès libre augmente régulièrement avec 4.400 titres enregistrés dans DOAJ (2 nouveaux par jour cette dernière année!).
OpenDOAR recense plus de 1500 dépôts (il est vrai que moins de 8% d’entre eux jouent clairement le jeu de l’obligation, ce sont les mieux remplis). Scientific Commons, un projet d’accès à des contenus scientifiques en ligne en accès ouvert (archives ouvertes) dépasse maintenant les 32 millions de publications, avec une croissance de plus de 8 millions de documents en 2009 (soit 22.000 publications par jour!).

ORBi a franchi aujourd’hui le cap des 20.000 publications répertoriées, dont 70% en « full text » (il va falloir être attentifs à ne pas descendre en dessous de cette proportion, l’idéal étant, évidemment, 100%) en avance sur la prédiction de septembre dernier, qui pariait sur mi-novembre. C’est un succès remarquable.

Dans la rubrique des statistiques d’ORBi, l’analyse des publications les plus consultées ou les plus téléchargées montre que, parmi celles-ci, on trouve une proportion importante de publications en sciences humaines. Certes, dans plusieurs domaines des sciences exactes ou des sciences de la vie, il existe des sites Internet spécialisés (PubMed par exemple) que les chercheurs du monde entier sont désormais habitués à consulter d’emblée et qui sont plus efficacement indexés que notre dépôt, en raison de leur richesse et de leur notoriété. Ceci induit donc un certain biais en faveur des autres domaines au sein d’ORBi. Mais en même temps, l’utilité dORBi pour la visibilité des domaines moins favorisés par l’évolution des dépôts thématiques internationaux devient tout-à-fait évidente. Je m’en réjouis.

Une belle manière de célébrer l’Open Access Week qui verra également une participation d’EOS à la grande conférence « ‘Working Together to Strengthen Research in Europe » qu’organise la Commission européenne et qui traitera, entre autres, de l’OA et des dépôts institutionnels. On peut s’attendre à l’exigence prochaine, de la part des Communautés, de la mise en accès direct des publications issues de la recherche financée par l’Europe. C’est, en tout cas, l’idée que nous défendrons. Avec Orbi, nos chercheurs auront d’emblée une longueur d’avance.

Je vous annonçais hier la naissance d’EOS (Enabling Open Scholarship) et de son site web.

Il s’agit donc d’un groupement qui vise avant tout à fédérer les universités du monde entier (c’est pourquoi nous avons changé le nom de « EurOpenScholar » utilisé en 2007 en « Enabling Open Scholarship »), dans un effort de généralisation de l’obligation faite à leurs chercheurs de déposer la version complète (full text) de leurs publications dans un dépôt institutionnel (chez nous: ORBi).

EOS est basé sur le raisonnement suivant:

1. Le coût des publications (articles de journaux scientifiques) est devenu exorbitant. Il a entraîné une réaction qui s’est traduite par l’émergence du concept de l’Open Access (OA). Comme tout a un coût, aller au bout du concept veut dire « payer pour publier au lieu de payer pour lire ».

2. Aujourd’hui, on constate que les journaux qui ont adopté la politique de l’OA et qui ont attiré les chercheurs avec des prix de publication raisonnable, sont en train de pervertir l’idée et ont triplé et parfois même quadruplé leurs prix (c’est le cas de BMC et, avec un léger décalage dans le temps, de PLOS qui n’a encore « que » doublé!).

3. Comment s’expliquer ces dérives, si ce n’est par l’appât du gain ? Et, sans aucun doute par le rachat de BMC par un grand groupe d’édition…
Tout simplement par le le principe du tiers payant. Jusqu’aujourd’hui, ce sont les universités qui prennent en charge l’achat des revues, les abonnements, les « packages » divers. Elles se regroupent de plus en plus souvent en consortiums pour le faire. Et elles achètent ainsi la documentation dont leurs chercheurs ont besoin, sous forme papier ou électronique ou — le plus souvent maintenant — les deux. Ceci a pour conséquence de déconnecter le chercheur de la réalité du coût de ses lectures. Et cette déconnection est encore plus réelle pour l’électronique (qui a l’apparence de la gratuité, habitués que nous sommes à la quasi-gratuité de l’Internet) que pour le papier.

4. On a tout d’abord pensé, avec les pionniers de l’OA comme Peter Suber, que le fait que le chercheur paie pour publier — et qu’il le fasse à l’aide de ses budgets de recherche — allait, en supprimant le tiers payant, forcer un véritable contrôle des prix de l’OA.

5. Logiquement, on a étendu le raisonnement et on a imaginé que, puisque les universités allaient faire des économies en abandonnant les abonnements aux revues classiques, elle allaient pouvoir aider leurs chercheurs en prenant en charge les frais de publication dans les revues en OA. C’est ce que nous avons fait à l’ULg en couvrant les frais de publication dans les différentes revues de BMC qui étaient les revues en OA les plus demandées.

6. En faisant cela, on restaurait évidemment le principe du tiers payant, et on laissait se réinstaller une escalade inconsidérée des prix, qui apparaît ainsi comme un phénomène économique et sociétal inévitable (seule notre naïveté pouvait nous faire penser différemment!). En effet, on remettait ainsi en place une déconnexion entre le vendeur et l’utilisateur et on libérait les freins. Les choses ont vite basculé et nous avons dû abandonner l’initiative, à mon grand regret, car non seulement le nombre de publications de l’ULg dans BMC augmentait en flèche, ce qui pouvait peut-être rester gérable, mais l’ascension du coût par article rendait ingérable la prise en charge complète. Ceci invalide assez nettement le principe de COPE proposé et adopté par Harvard ainsi que les universités Cornell, Berkeley, Dartmouth et le M.I.T.

7. C’est pourquoi, aujourd’hui, force est de constater que le seul modèle qui puisse encore répondre à l’absolue nécessité du maintien de l’accès le plus large et le moins cher possible à la littérature de recherche est la constitution, par les institutions de recherche, de dépôts bibliographiques. Ces dépôts doivent être institutionnels pour être complets. D’autres initiatives comme les dépôts thématiques ont leur intérêt, mais elles doivent rester complémentaires. En effet, si les dépôts servent de répertoire aux institutions qui les organisent, ils ne se consultent pas de manière large par sujet. En effet, si l’accès à un article particulier impliquait que le lecteur doive penser à venir voir sur le site de l’Université de Liège, nous serons peu lus dans le monde. L’astuce, c’est que les moteurs de recherche « scannent » nos dépôts régulièrement et trouvent nos articles à la demande, sur base d’un ou de plusieurs mots-clés et peu importe si le lecteur arrive sans le savoir sur notre dépôt institutionnel. Ceci implique évidemment que les textes déposés le soient dans une version XML ou HTML.*

8. Cela donne donc au chercheur la visibilité maximale et au lecteur un maximum de chances de lire tout ce qui l’intéresse. En même temps, on ne tue pas le modèle de la publication de journaux car il restera toujours une demande pour feuilleter des revues, avec l’avantage de tomber par hasard sur un article qu’on n’aurait nullement cherché. Mais en même temps on maintient une pression en faveur du retour à des coûts mesurés et on offre un accès total à l’information.

9. A la limite, on pourrait imaginer qu’un jour, les publications se fassent exclusivement par cette voie et que les chercheurs reprennent enfin la maîtrise complète d’un processus tout au long duquel ils contribuent activement, en rédigeant, en révisant et en achetant. Il suffirait alors d’assurer la révision par les pairs (eux-mêmes des chercheurs) et de constituer des comités d’évaluation qui auraient un label de qualité et qui accorderaient leur feu vert aux articles de bonne tenue, les universités s’engageant à assortir de cette garantie les articles qui l’auraient méritée. On pourrait même envisager que seraient publiés conjointement les commentaires des réviseurs. Chacun saurait ainsi que tel ou tel article a été revu. Dire que ceci est impossible en se passant des éditeurs est, d’une part, absurde puisque les éditeurs vont chercher des chercheurs pour effectuer les révisions et, d’autre part, méprisant pour les chercheurs car l’insinuation est que seuls les éditeurs peuvent garantir le sérieux et l’impartialité.

Voilà donc l’objectif d’EOS: rassembler les universités et les institutions de recherche autour d’une action concrète à mener pour ramener à un niveau supportable les dépenses liées à la documentation scientifique au sens large. Et rendre la littérature scientifique accessible à tous, avec une référence particulière aux pays en développement pour lesquels le changement sera le plus radical: de pratiquement rien à tout.

* : j’ai amendé le texte sur base du commentaire reçu.

Trois mois après le lancement manqué d’EOS (Enabling Open Scholarship) en juin dernier, nous sommes finalement en mesure d’annoncer le démarrage de cette nouvelle organisation et l’ouverture de son site web.
Une présentation a été diffusée mondialement.
EOS vise à rassembler les responsables d’universités qui souhaitent rendre systématique le dépôt institutionnel des publications émanant de leurs institutions.

Nos approchons des 18.000 références dans ORBi, dont 72% en full text.

Plus encore que le nombre d’entrées, c’est le nombre de textes complets qui importe. En effet, on pourrait se satisfaire d’une liste bibliographique qui permettrait à l’Université de disposer des titres et métadonnées simples de la production scientifique de ses chercheurs, mais on manquerait alors une formidable occasion de rendre accessible la vraie matière à tous ceux que ça intéresse. En effet, il est indispensable pour cela que le contenu soit complet, voire même agrémenté de données complémentaires de toutes sortes (données brutes, photos, films, enregistrements sonores, etc). Il faut également que les moteurs de recherche viennent retrouver les mots-clés au sein même des textes qui doivent donc être entièrement lisibles.

Nous pouvons être fiers de la technologie qui a été mise au point pour ORBi et de la large compréhension dont chacun a fait preuve même si, au début, beaucoup rechignaient à se plier à l’exercice. Ceux qui l’ont fait savent aujourd’hui combien il leur sera facile de continuer à alimenter le dépôt au fur et à mesure de la sortie de leurs publications.

Nous pouvons être fiers également du travail d’expert qui a été accompli par l’équipe du Réseau des Bibliothèques car cette qualité se fait nettement sentir. Contrairement à beaucoup d’autres universités qui ont confié l’encodage à des employés temporaires, à des étudiants jobistes et aux bibliothécaires qui s’acquittent de cette tâche sur base d’informations fournies par les chercheurs en format papier sans réel souci d’harmonisation préalable, nous avons fait reposer la rigueur sur les personnes les plus concernées (dès qu’elle ont compris qu’elle l’étaient!). Ces institutions atteignent donc à peine 20% de documents en full text, elle dépensent de lourdes sommes dans ce contexte pour un résultat décevant avec le risque d’essouflement des équipes et de découragement des chercheurs. Notre approche est certes, au départ, moins populaire auprès de ceux-ci, mais elle se révèle en définitive payante pour tout le monde, et efficace.

Le registre des dépôts en accès libre (Registry of Open Access Repositories, ROAR) nous place en 54è position pour le nombre total de références parmi les 802 répertoires institutionnels connus (c’est là un ranking objectif, basé sur un seul critère, donc acceptable! ;-) ).

—————————————————

« It is one of the noblest duties of a university to advance knowledge and to diffuse it, not merely among those who can attend the daily lectures, but far and wide ».
(Daniel Coit Gilman, first President, Johns Hopkins University, 1878)

« An institutional repository …
• fulfils a university’s mission to engender, encourage and disseminate scholarly work;
• gathers a complete record of its intellectual effort;
• provides a permanent record of all digital output;
• acts as a research management tool;
• is a marketing tool for universities;
• provides maximum Web impact for the institution ».

(Alma Swan, Key Perspectives, 2009)

Dans son blog The Occasional Pamphlet on scholarly communication, Stuart Shieber, le directeur de l’Office for Scholarly Communication de l’Université Harvard, artisan du dépôt bibliographique institutionnel obligatoire de la prestigieuse université, pose la question: « Allons-nous maintenir le statu quo qui implique le soutien exclusif à un modèle économique connu pour ses spirales inflationnistes incontrôlées, ou allons-nous expérimenter de nouveaux modèles potentiellement beaucoup plus raisonnables sur le plan économique et plus ouverts au développement? » Sa réponse:
The answer is simple: The only reason the uncontrolled inflation of journal subscription costs is a problem at all (and also the reason the upward spiral continues uncontrolled) is the planet’s universities’ inelastic demand and need for access to the journal articles.
Hence the solution is for universities — the universal providers of all those journal articles — to provide Open Access (free online access) to them by mandating that their peer-reviewed final drafts be deposited in their institutional repositories immediately upon acceptance for publication.
Universal OA self-archiving moots the problem of uncontrolled subscription-cost inflation by putting an end to the inelasticity of the demand: If your university cannot afford the subscription price for journal X, your users will still have access to the OA version.
There is no need for universities to try to reform journal economics directly now. What is urgently needed, universally reachable, and already long overdue is universal OA self-archiving mandates from universities. Focusing instead on reforming journal business models is simply distracting from and hence delaying the fulfillment of this pressing need.
Harvard should focus all its energy and prestige on universalizing OA self-archiving mandates rather than dissipating it superfluously on journal economics and OA funds.
Once OA self-archiving is universal, journal economics will take care of itself.

Sans vouloir lancer de cocorico, ces affirmations sont un agréable écho aux propos que je tiens depuis quelques années dans les lignes de ce blog.

Et à ce propos, si vous n’êtes pas passés récemment au site d’ORBi, faites-le, son évolution visuelle et informative vaut le détour.

Des études de plus en plus complètes démontrent aujourd’hui l’ « OA Advantage« , c’est-à-dire l’avantage objectif de la publication scientifique en accès libre. Et cet avantage est celui de la supériorité de l’OA en matière de lectorat et, par conséquent, de citations. On peut y déceler deux raisons: la première, évidente, est que la gratuité de la lecture augmente les chances d’être lu. La seconde (liée à la publication électronique en général) est que le décompte des citations est plus efficace et plus immédiat.

Un excellent article de Steve Hitchcock en fait la claire démonstration. En outre, cet article, publié pour la première fois en 2004, a fait l’objet de révisions régulières et la dernière date d’avril 2009, illustrant à merveille la révolution en matière de publications qu’est la « publication liquide » dont je vous parlais il y a un an. Ce principe est extraordinairement utile pour des publications qui analysent des situations hautement évolutives nécessitant des mises à jour quasi permanentes. Mais bien d’autres domaines que la bibliométrie sont ainsi exposés à une péremption rapide et bénéficieraient de la même technique.

J’ai certainement un peu précipité les choses en annonçant, la semaine dernière, le lancement du site web d’EOS. Le lendemain, nous avions une réunion importante des fondateurs du groupe international EOS que j’ai l’honneur de présider et nous y avons décidé que le site nécessitait encore un peu de travail, quelques améliorations, une mise à jour plus récente et une finalisation de l’Advisory Board. Ceci nous vaut une mise en panne du site pour quelques jours encore. Embarrassant, d’autant que les « grands » de l’Open Access s’étaient déjà emparés de la nouvelle (pourtant seulement disponible en français sur mon blog) et les demandes d’affiliation a EOS abondaient de toute part dès le premier jour! (lire l’enthousiasme de Peter Suber et de Stevan Harnad). Espérons que cet incident ne nuira pas à la participation de nombreuses universités lors du lancement définitif…

Le rôle du site EOS, en effet, sera essentiellement de rallier les dirigeants des universités du monde entier, de les convaincre d’installer des dépôts institutionnels et de les y aider. Son deuxième objectif est de persuader les bailleurs de fonds de l’importance de la mise en accès libre des publications des recherches qu’ils ont financées et de la nécessité de mettre au point des systèmes de récolte à partir des dépôts institutionnels. Chez nous, le FNRS, signataire de la « Déclaration de Berlin » sur l’accès libre, devrait se prononcer bientôt dans ce sens. Les trois « grandes » universités devraient héberger leurs dépôts et ceux de leur Académie. C’est déjà le cas pour l’ULg, l’UCL nous a rejoints récemment et l’ULB devrait suivre rapidement. La Belgique francophone pourrait ainsi devenir le premier « pays » à adopter ce système dans sa totalité, ce qui devrait servir la cause de nos chercheurs et leur notoriété.

Ce lundi, je rassemble à Bruxelles les principaux acteurs de EOS (Enabling Open Scholarship), une version mondiale de l’EurOpenScholar dont je vous parlais précédemment. L’objectif est le même, mais s’étend aujourd’hui de l’Europe à l’ensemble des universités de la planète : promouvoir la création de dépôts institutionnels (chez nous : ORBi) dans toutes les universités du monde afin de rendre accessible librement par le web l’accès aux publications scientifiques.
Une telle ambition passe par la conviction des dirigeants de toutes les universités de l’importance de ce nouveau paradigme de la diffusion du savoir et, en particulier, du savoir acquis grâce aux deniers publics. Le but est de grossir le nombre des institutions qui ont choisi cette méthode et l’ont rendue obligatoire pour leurs chercheurs.

Dans ce but, nous avons créé un nouveau site web hébergé par l’ULg, dont le but est d’informer les recteurs et présidents d’universités, de leur donner des arguments décisionnels, de leur fournir l’aide technique pour mettre sur pied ces dépôts et de les encourager à rendre ces dépôts obligatoires dans leur institution..

Encore une fois, je précise qu’il ne s’agit pas ici de n’importe quelle publication scientifique. Les dépôts doivent contenir (et, dans la mesure du possible, mettre en accès libre) la littérature scientifique « donnée librement ».

En effet, les chercheurs peuvent produire deux types de publications :
1. celles dont ils attendent un retour financier, telles que des ouvrages, des livres, dont la destinée commerciale prévoit des droits d’auteurs qui leur reviennent, bien entendu;
2. celles dont ils abandonnent les droits et pour lesquelles leur seul souhait est qu’elles soient lues, utilisées et citées.

L’accès libre dans les dépôts institutionnels concerne bien évidemment la deuxième catégorie.

Il était plus que nécessaire de fournir à chacun un véritable manuel de l’Open Access et de l’outil majeur qui permette de le rendre incontournable, nous espérons que ce sera dorénavant le cas.

La profondeur de mon silence sur ce blog est généralement en relation inverse avec le nombre et l’importance des événements qui marquent notre vie universitaire, malheureusement. Ces derniers jours en ont donné une nouvelle preuve.

Jane Goodall
La spécialiste mondiale des chimpanzés, véritable idole de très nombreux éthologistes et naturalistes du monde entier, était dans nos murs lundi dernier, pour une très belle conférence sur la conservation de la nature et le parcours qui l’a amenée à prendre fait et cause pour la défense de la planète. Immense succès puisque la Salle académique était archi-pleine et qu’il a fallu retransmettre la conférence en vidéo dans une seconde salle. Le Prince Laurent nous avait même gratifié d’une visite-surprise. Jane Goodall devait être des nôtres pour être faite docteur honoris causa de l’ULg le 26 mars prochain. Comme elle ne pourra être présente, j’ai eu l’honneur de lui remettre ses insignes avec un peu d’avance lors de cette séance très appréciée.

Dans un même ordre d’idées, je signale que le professeur Pachauri, prix Nobel 2007 pour le GIEC, docteur honoris causa de l’ULg en 2008, sera parmi nous le 31 mars prochain dans la matinée et qu’il donnera une conférence aux Amphis de l’Europe à 10h.

The Scientist
Le célèbre magazine américain des sciences du vivant a fait une enquête auprès de ses lecteurs et leur a demandé quelle université ou centre de recherches leur avait semblé le meilleur pour y réaliser un « post-doc ». Il publie la liste des dix premiers hors-USA et l’ULg se trouve en 9è position mondiale.
Evidemment, je suis très mal placé pour pousser un cocorico puisque j’ai toujours critiqué le principe-même des « rankings » d’universités ! Mes critiques s’articulaient sur trois points : le caractère subjectif qu’induit le principe de notoriété, le biais introduit par la possibilité de lobbying de l’institution (ne serait-ce que parce qu’elle doit apporter des données chiffrées aux enquêteurs) et surtout le nombreuses anomalies et aberrations dans la méthodologie générale des classements.
Alors, aujourd’hui, lorsque l’ULg est incroyablement bien classée, serais-je plus clément ? Donnerai-je raison à ceux qui me reprochaient d’être contre les classements parce que nous étions mal classés ? (nous ne sommes jamais mal classés, mais toujours assez loin parmi les belges).
Bien sûr que non. Je dirai simplement qu’ici, c’est un test qui porte exclusivement sur la subjectivité et qui est donc hautement critiquable à cet égard. Il n’est basé que sur ceux qui ont répondu à l’appel, ce qui biaise évidemment le test. Il est cependant ciblé sur une catégorie étroite de gens (ceux qui ont fait un post-doc à l’étranger) et il ne repose que sur l’avis de ces chercheurs, non sur des données collectées auprès de l’institution… On ne peut donc rester insensible au compliment adressé à l’ULg par ceux qui y sont passés. Merci à eux !
J’ajouterai que les efforts consentis par notre université pour rassembler de manière efficace ses forces vives en matière de sciences du vivant ne sont probablement pas sans rapport avec la bonne impression des chercheurs.
Maintenant, il nous reste à affronter la nuée de candidatures de post-docs venant de partout… !

Une de mes interviews peut être réentendue en podcast sur Cocktail Curieux (RTBF « La Première ») du 4 mars 2009.

Uppsala-Cracovie-Liège
Au cas où l’UCL perdrait son C*, nous pourrions revendiquer le sigle pour notre nouvelle association tripartite entre l’Université d’Uppsala en Suède, l’Université Jagiellone de Cracovie en Pologne et l’Université de Liège. Lors de la rencontre des trois recteurs (cinq si on y ajoute la rectrice des universités agro-vétérinaires d’Uppsala et de Cracovie) à Colonster jeudi dernier, les nombreuses similitudes et complémentarités entre nos institutions sont apparues clairement et nous avons convenu de prolonger l’effort pour établir une relation triangulaire forte entre nous. Une prochaine rencontre devrait avoir lieu en Pologne dans quelques mois.
*Tout compte fait, pour le sigle, c’est non : il faudrait aussi que l’University of Central London abandonne une lettre… ;-)

Assises de la recherche
Le bilan de la recherche en CFB et les perspectives d’avenir, qui faisaient l’objet des Assises de la Recherche de la Ministre M.-D. Simonet, ont recueilli un succès certain et une grande affluence qui rendait ainsi hommage aux efforts incontestables que la Ministre a déployé durant les 5 années de la législature pour améliorer le soutien à la recherche. Affluence qui contrastait avec la présence d’un journaliste isolé lors du point-presse qui précédait l’évènement… La recherche n’intéresse encore que les chercheurs et, heureusement, quelques politiques.

Restaurant
Pas de première pierre depuis douze ans à l’ULg… C’est dire l’importance de l’évènement de vendredi dernier, même si la pierre n’était que virtuelle et symbolique. Peu importe, ce qui compte, c’est que les travaux ont commencé et que le nouveau restaurant « écologique » sera accessible à la rentrée de 2010 et qu’il fera partie d’un vaste réaménagement de toute la zone Nord du Domaine du Sart Tilman (bâtiment d’accueil à l’entrée, voies piétonnes et cyclistes, cafétarias, agrandissement du B52 Ingénieurs, etc). Enfin, ça bouge !

Séance des FNRS
Sympathique accueil, devenu maintenant traditionnel chez nous, des nouveaux chercheurs FNRS par les anciens, cette année en présence de la nouvelle Secrétaire générale, Véronique Halloin, qui s’est déplacée pour partager ces moments de convivalités avec « ses » chercheurs.

« C’est notre terre »
Une magnifique exposition est à voir absolument dans les souterrains Tour & Taxis à Bruxelles si vous ne l’avez déjà fait. Elle convient à tous les âges et fait preuve d’un talent pédagogique exceptionnel qui ne nous étonnera pas puisqu’un des deux scénaristes n’est autres qu’Henri Dupuis qui est aussi le rédac’ chef de notre magazine web Reflexions. La contribution scientifique liégeoise y est massive comme en témoigne la liste des spécialistes consultés et les crédits de prêt de pièces scientifiques. Je vous recommande chaudement cette visite.

Foire du Livre
Succès dimanche pour le livre de Nicolas Ancion Retrouver ses facultés à la Foire du Livre de Bruxelles. La présence de l’auteur au débat intitulé « Peut-on rire de l’Université ? » et sans doute surtout celle de Pierre Kroll, illustrateur du livre, étaient sans doute pour beaucoup dans ce succès de foule et la longue file à la signature d’autographes !
Oui, on peut aussi rire de l’université, comme de tout d’ailleurs, du moment qu’on ne blesse personne, mais en publiant l’ouvrage, les Editions de l’ULg ont montré que rien n’est plus percutant (et surprenant, pour beaucoup) que l’auto-dérision.

Page suivante »