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	<title>Bernard Rentier, Recteur</title>
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	<description>Pour une université ouverte et interactive</description>
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		<title>Chronique d&#8217;un dérapage non annoncé</title>
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		<pubDate>Sun, 12 May 2013 23:20:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Revenons sur l&#8217;affaire du déménagement du FNRS pour en préciser quelque peu les tenants et les aboutissants. 1. Que s&#8217;est-il passé ? Ça ressemblait à un poisson d&#8217;avril… un 3 mai . Le même poisson dans chaque journal: dans L&#8217;Echo, dans Le Soir, la RTBF, la DH, etc. Et localement, on s&#8217;empressait assez naturellement de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Revenons sur l&rsquo;affaire du déménagement du FNRS pour en préciser quelque peu les tenants et les aboutissants.</p>
<p><strong>1.  Que s&rsquo;est-il passé ?</strong></p>
<p>Ça ressemblait à un poisson d&rsquo;avril… un 3 mai . Le même poisson dans chaque journal: dans <a href="http://m.lecho.be/9339233.art?returnUrl=http%3A%2F%2Fm.lecho.be%2Fsp%2F&#038;from=2&#038;src=app&#038;ckc=1">L&rsquo;Echo</a>, dans <a href="http://www.lesoir.be/236709/article/actualite/fil-info/fil-info-belgique/2013-05-03/siege-du-fnrs-va-etre-deplace-bruxelles-charleroi">Le Soir</a>, la <a href="http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-siege-du-fnrs-va-etre-deplace-de-bruxelles-a-charleroi?id=7987168">RTBF</a>, la <a href="http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=1358669">DH</a>, etc. Et localement, on s&rsquo;empressait assez naturellement de se réjouir de l&rsquo;aubaine, dans <a href="http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130504_00305978">L&rsquo;Avenir</a> (édition du Hainaut) ou <a href="http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?p=102028299">Skyscraper City</a>, sans bien savoir ce que ça allait réellement représenter.<br />
D&rsquo;autant moins que les personnalités impliquées affirmaient que l&rsquo;idée consistait à miser sur l’enseignement pour relancer Charleroi. Outre le fait que le FNRS n&rsquo;a qu&rsquo;un lien ténu avec l&rsquo;enseignement; ceci ne pouvait qu&rsquo;entretenir la confusion, et celle-ci apparaît dans les commentaires de lecteurs: &laquo;&nbsp;les chercheurs vont venir chercher à Charleroi&nbsp;&raquo;. Beaucoup de gens ne savent effectivement pas que le Fonds n&rsquo;est pas un centre de recherche mais qu&rsquo;il subventionne des chercheurs qui travaillent dans les universités et des centres de recherche. L&rsquo;installation du FNRS à Charleroi n&rsquo;impliquerait strictement rien en matière de développement local, si ce n&rsquo;est que le personnel (environ 70 personnes) viendrait y travailler et que les nombreux experts étrangers membres des commissions scientifiques y viendraient une journée deux fois par an. On ne peut vraiment pas dire que ce déménagement aurait beaucoup d&rsquo;effet sur l&rsquo;économie locale ou l&rsquo;emploi, en dehors d&rsquo;un effet symbolique, bien sûr.</p>
<p>Ensuite, la polémique ne tarde pas à se manifester. Dans <a href="http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/814138/bras-de-fer-autour-du-damanagement-du-fnrs.html">La Libre</a> de mardi d&rsquo;abord, puis dans un billet diffusé ce jeudi 9 par la <a href="http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_demenagement-du-fnrs-une-decision-politique-largement-contestee?id=7991025">RTBF</a> qui revient sur le sujet et laisse entendre que le Fonds aura bien du mal à ne pas plier, face au principal bailleur de fonds de l&rsquo;institution. Certes, mais il faut aussi considérer qu&rsquo;en dehors de la Fédération et de la Région, un bon tiers des moyens financiers proviennent d&rsquo;autres sources qu&rsquo;il convient également de ne pas heurter par un déménagement qui pourrait être mal interprété: 24% proviennent de l&rsquo;Etat fédéral, 5,1% du TéléVie et 5% de la Loterie Nationale (chiffres 2012). Par ailleurs, le patrimoine de la fondation, largement immobilisé, comprend la moitié du bâtiment actuel de la rue d&rsquo;Egmont (l&rsquo;autre moitié appartient au FWO) ainsi que des dons et legs en nature. Ces biens dont une partie est valorisable en faveur de la recherche sont du domaine privé et seul le Conseil d&rsquo;administration du Fonds peut en disposer.</p>
<p>Durant la semaine dernière, les <a href="http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/doc-et-pub/documents-parlementaires-et-decrets/questions/001399282">interpellations</a> au Parlement de la FWB se succèdent et Alain Berenboom y va de son <a href="http://www.berenboom.com/2013/05/les-rois-faineants/">commentaire</a> acidulé&#8230; </p>
<p>Il faut toutefois reconnaitre ce qui doit être reconnu: le Gouvernement a sécurisé et pérennisé l&rsquo;enveloppe financière de la FWB, elle sera fixée à 103,8 M€ annuels (indexés) dès 2015 et c&rsquo;est <a href="http://www.nollet.info/actualite/un-conclave-budgetaire-positif-le-financement-de-la-recherche-fondamentale-betonne">une excellente nouvelle</a>. La Fédération ne pouvant atteindre ce niveau en 2013 et 2014, la Région Wallonne lui permettra d&rsquo;y arriver grâce à un appoint de 5,3 M€.<br />
Il faudrait faire preuve d&rsquo;un très mauvais esprit pour insinuer que le déménagement serait la contre-partie de cet appoint, évidemment.</p>
<p><strong>2. Pourquoi cette réaction vive de la part du C.A., du personnel du siège et de nombreux membres de la communauté scientifique et académique francophone ?</strong></p>
<p>a) Le fait d&rsquo;apprendre la nouvelle comme un fait acquis et décidé, et par la presse, de surcroît, a certainement été le plus choquant. Pour être complet, il faut signaler que le sujet avait été évoqué en bureau du C.A. du FNRS il y a quelques semaines, sans que ce soit à l&rsquo;ordre du jour. Seule l&rsquo;installation d&rsquo;une &laquo;&nbsp;antenne&nbsp;&raquo; du FNRS à Charleroi avait été évoquée, nullement un déménagement complet du siège. A l&rsquo;heure de la communication électronique, comme la grande majorité des membres présents, j&rsquo;avais réagi défavorablement, tout au moins en l&rsquo;absence de motivation claire et d&rsquo;information documentée sur ce dont il pourrait s&rsquo;agir, les conditions de cette installation, etc. Depuis lors, plus un mot.<br />
Il est certainement bon de rappeler ici à quel point les statuts du FNRS et son autonomie, en particulier, lui ont valu, depuis 85 ans exactement, la fierté du monde de la recherche belge et ont suscité l&rsquo;envie de nos voisins. Le modèle est en effet quasiment unique en son genre et fait l&rsquo;admiration de tous. Porter atteinte à cette autonomie aujourd&rsquo;hui ne peut que déclencher une levée de boucliers, il faut le savoir.</p>
<p>b) quels sont les inconvénients de l&rsquo;initiative ?<br />
- Tout d&rsquo;abord, le coût, à examiner attentivement en regard de l&rsquo;intérêt éventuel de l&rsquo;opération. Chaque € compte, pour une communauté scientifique peu aisée mais qui arrive néanmoins à se situer très haut sur la scène de la recherche internationale (c&rsquo;est le &laquo;&nbsp;<em>paradoxe belge</em>&laquo;&nbsp;).<br />
- L&rsquo;éloignement d&rsquo;un voisinage avec lequel le Fonds et ses employés interagissent au quotidien comme le rappelle le personnel administratif dans sa lettre du 7 mai au C.A.: l&rsquo;Académie Royale, la Fondation Universitaire, BELSPO, la DGENORS, le WBI, le FWO, les principaux organes de presse, les cabinets ministériels du Fédéral et de la Communauté, la Communauté Europeenne, les agences des Fonds de recherche des autres pays qui ont acquis, elles, &#8211; ô ironie &#8211; des antennes bruxelloises afin d&rsquo;être plus proches des lieux de décision européens. Il faut remarquer que les organes en charge de la gestion de la recherche flamande (FWO, IWT et EWI) sont tous à Bruxelles.<br />
- Le bâtiment a été acheté par le Patrimoine du Fonds et lui appartient en copropriété avec le FWO. Il est aujourd&rsquo;hui amorti. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;un bâtiment de la FWB (il nous est revenu qu&rsquo;on envisagerait un &laquo;&nbsp;échange&nbsp;&raquo; de bâtiments pour y mettre la future ARES…). Le quitter impliquerait pour le FNRS de le vendre ou de le mettre en location.<br />
- L&rsquo;accès moins aisé pour les nombreux experts étrangers qui viennent du monde entier participer aux commissions deux fois par an.<br />
- Le sort des employés (qui aurait dû être pris en considération… Cette omission est incompréhensible). Ceux-ci pensent que <em>&laquo;&nbsp;la localisation dans le quartier européen est un atout stratégique majeur pour les contacts avec les centres opérationnels et de décision de tous les niveaux. Déplacer le F.R.S.-FNRS de son lieu d’interaction naturel serait non seulement contreproductif mais hautement préjudiciable à la qualité des relations qu’il doit établir avec ses partenaires.&nbsp;&raquo;</em><br />
- Les chercheurs risquent fort de ne pas comprendre la portée de ce transfert, voire de mal l&rsquo;interpréter, sur un plan strictement symbolique. Beaucoup se sont déjà manifestés et nous ne pouvons leur donner une explication satisfaisante. A cet égard, on comprendra notre malaise lorsque j&rsquo;aurai précisé que nous avons tenu le 30 avril, soit 3 jours avant l&rsquo;annonce fracassante du déménagement du siège, la première réunion très constructive du nouvel organe de concertation et de négociation sociale du Fonds, durant laquelle aucune allusion n&rsquo;a été faite à ce transfert, et pour cause: nul n&rsquo;en était averti.</p>
<p>c) Quels en sont les avantages ?<br />
En dehors de l&rsquo;avantage pour Charleroi et peut-être pour la Region wallonne, en termes de prestige, il est difficile d&rsquo;en imaginer un seul pour le FNRS, son personnel et son fonctionnement. Personnellement, mais ça n&rsquo;engage que moi, je ne vois pas.</p>
<p>d) En conclusion<br />
Il me semble donc aujourd&rsquo;hui que la prudence s&rsquo;impose et qu&rsquo;une telle initiative doit être soigneusement pesée par le Conseil d&rsquo;administration, si toutefois la demande lui en est officiellement communiquée, assortie de toutes les informations nécessaires.</p>
<p><em>P.S.: Avant que quiconque ne fasse de remarque acerbe ou de plaisanterie sous-régionaliste sur le sujet, je tiens à préciser que j&rsquo;aurais eu exactement la même réaction s&rsquo;il s&rsquo;était agi de déplacer le FNRS vers Liège.</em></p>
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		<title>Faites comme chez vous!</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 12:49:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le FNRS à Charleroi? Non consulté, le FNRS reste stupéfait. C&#8217;est une personne morale (fondation) de droit privé. Seul son C.A. prend les décisions qui le concernent, un point, c&#8217;est tout. C&#8217;est un peu comme si votre bourgmestre décrétait que vos meubles de jardin feraient meilleur effet dans le parc de l&#8217;Hotel de Ville que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://bit.ly/Yx39K4">Le FNRS à Charleroi</a>? Non consulté, le FNRS reste stupéfait. C&rsquo;est une personne morale (fondation) de droit privé. Seul son C.A. prend les décisions qui le concernent, un point, c&rsquo;est tout.<br />
C&rsquo;est un peu comme si votre bourgmestre décrétait que vos meubles de jardin feraient meilleur effet dans le parc de l&rsquo;Hotel de Ville que chez vous et les faisait emporter sans rien vous demander.<br />
On croit rêver.</p>
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		<title>Comment prendre le grand virage de l&#8217;accès libre et gratuit ?</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Mar 2013 09:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La dernière décennie a vu naître une véritable contestation (au sens de mai 68) du mode traditionnel de la publication scientifique. Tous les ingrédients d&#8217;une évolution majeure sont présents: (1) l&#8217;abus de détenteurs de monopoles, véritables caricatures de l&#8217;appât du gain, (2) la capacité des &#171;&#160;victimes&#160;&#187; de communiquer rapidement entre elles avec le développement rapide [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La dernière décennie a vu naître une véritable <a href="http://sco.lt/8JRllR">contestation</a> (au sens de mai 68) du mode traditionnel de la publication scientifique. Tous les ingrédients d&rsquo;une évolution majeure sont présents:<br />
(1) l&rsquo;abus de détenteurs de monopoles, véritables caricatures de l&rsquo;appât du gain,<br />
(2) la capacité des &laquo;&nbsp;victimes&nbsp;&raquo; de communiquer rapidement entre elles avec le développement rapide des réseaux sociaux,<br />
(3) l&rsquo;essor des nouvelles technologies remettant en cause les vieux paradigmes de la publication scientifique,<br />
(4) un questionnement légitime sur la nécessaire publicité des résultats de la recherche financée par le public,<br />
(5) le désir de profiter de la rapidité contemporaine en matière de communication électronique, de son pouvoir de diffusion et de son ampleur sans précédent.</p>
<p>Une telle conjonction d&rsquo;éléments nouveaux, une telle convergence contextuelle, auraient dû remettre instantanément en question le paysage de la communication scientifique. Certains l&rsquo;ont senti tout de suite et se sont lancés dans une véritable croisade. Cependant<br />
(1) la tradition, le besoin de références solides, le poids de l&rsquo;establishment, la crainte de l&rsquo;anarchie et la &laquo;&nbsp;rupture technologique&nbsp;&raquo; entre les générations, du côté des chercheurs;<br />
(2) l&rsquo;impérieuse nécessité de préserver un modèle financier particulièrement profitable du côté de certains éditeurs;<br />
(3) le souci de ne pas nuire à un ce modèle du côté des pouvoirs publics<br />
ont joué leur rôle de frein. Mais que sont dix années dans l&rsquo;Histoire de la Science ?</p>
<p><strong>Le tournant, c&rsquo;est maintenant</strong></p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, <a href="http://sco.lt/4incY5">les yeux s&rsquo;ouvrent</a>, finalement. Les <a href="http://www.righttoresearch.org/">étudiants se mobilisent</a> sur le plan international. De plus en plus de <a href="http://www.timeshighereducation.co.uk/news/french-scholars-say-oui-to-open-access/2002825.article">chercheurs, y compris en sciences humaines</a>, rallient la cause. Des sommités en <a href="http://sco.lt/6EoGRt">Angleterre</a>, au <a href="http://sco.lt/8h7cpd">Canada</a>, aux <a href="http://sco.lt/5ni5cv">USA</a>, se prononcent. On assiste à une avalanche de décisions au plus haut niveau <a href="http://blogs.wsj.com/tech-europe/2013/03/19/eu-opens-up-access-to-scientific-research/">en Europe</a>, <a href="http://www.nytimes.com/2013/02/26/opinion/we-paid-for-the-scientific-research-so-lets-see-it.html?_r=1">aux États-Unis</a>, <a href="http://theconversation.com/australian-research-council-moves-to-provide-better-access-to-data-9952">en Australie</a>, <a href="http://www.redalyc.org/redalyc/media/redalyc_n/acceso-abierto/iniciativaOA_Mx.html">au Mexique</a>, <a href="http://arrow.dit.ie/National_Principles_on_Open_Access_Policy_Statement.pdf">en Irlande</a>, <a href="http://leo.hypotheses.org/10189">en Belgique</a>, et dans bien d&rsquo;autres pays, qui imposent la publicité des recherches publiques (pour faire court). C&rsquo;est là, en fait, l&rsquo;argument majeur qui a fait basculer l&rsquo;opinion des instances dirigeantes. Tant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait que de rapports de force sur le plan financier, les pouvoirs publics ne sont pas intervenus dans la guérilla entre chercheurs et éditeurs. C&rsquo;est seulement lorsque l&rsquo;argument du financement public devant intervenir deux fois (pour subventionner la recherche et puis pour en lire les résultats) a été brandi que les autorités publiques se sont manifestées. Même si, dans les recommandations les plus fermes et leur désir de bien faire, les autorités se sont peu ou prou fourvoyées, <a href="http://sco.lt/9BFPP7">aux USA</a> et <a href="http://sco.lt/5w5PUH">au Royaume-Uni</a>, la tendance est maintenant clairement lancée.</p>
<p>Le poids de ce changement d&rsquo;attitude des pouvoirs publics subsidiants a été tel que la résistance des éditeurs est tombée et que toute leur énergie s&rsquo;est repositionnée rapidement en sens inverse. Soudain, les grands éditeurs le plus réfractaires sont devenus des chantres de l&rsquo;Open Access, créant ainsi la surprise. Comment expliquer ce revirement apparemment suicidaire? Tout simplement par une tentative d&rsquo;inverser le processus et de remplacer le modèle du lecteur-payeur par celui de l&rsquo;auteur-payeur.</p>
<p><strong>Effets pervers</strong></p>
<p>Toutefois, on réalise vite les limites de cette inversion. A priori, l&rsquo;idée est intéressante. &laquo;&nbsp;<em>There is no such thing as a free lunch</em>&nbsp;&raquo; : tout travail méritant rémunération, il est normal que, si le paiement pour lire disparait, quelqu&rsquo;un prenne financièrement en charge les opérations nécessaires à la mise en ligne. Et c&rsquo;est là que le problème survient. Le nouveau modèle ne permettra jamais retrouver les profits de l&rsquo;ancien, à moins d&rsquo;exiger des sommes astronomiques pour la publication. En effet, si on peut ironiser en disant qu’il n’y a pas moins de lecteurs d’articles scientifique qu’il n’y a d’auteurs (c’est à peine caricatural), il y a en réalité bien moins d’auteurs que d’acheteurs (<a href="http://sco.lt/64PE6j">tout le monde ne lisant pas tout</a> ce qui est acheté par les institutions de recherche, loin de là). Le <a href="http://sco.lt/78hBGz">coût d’un article</a> pèse alors entièrement sur son ou ses auteurs et non plus sur une collectivité large. Les grandes maisons d&rsquo;éditions récemment converties au Gold Open Access (accès immédiat) ont rapidement utilisé la réputation de qualité de leurs meilleurs journaux pour imposer un droit de publication extrêmement élevé (on dépasse aujourd&rsquo;hui les 6.000 € pour un article dans les titres les plus sélects) et la dérive financière s&rsquo;est immédiatement réinstallée.</p>
<p>Si on peut comprendre qu&rsquo;on doive payer pour publier et que l&rsquo;on puisse prévoir les frais de publication dans le budget de sa recherche, on ne peut encourager les dérives qui ramèneraient tout le monde à la situation précédente, ce que souhaitent les éditeurs et ce dont les chercheurs ne veulent pas.</p>
<p>Ce qui a fait les beaux jours des gagnants dans le modèle lecteur-payeur, c&rsquo;est essentiellement qu&rsquo;en réalité ce n&rsquo;était pas directement le lecteur qui payait, mais son institution. Ce décalage déresponsabilisait le lecteur, qui trouvait normal d&rsquo;avoir accès à un matériel nécessaire pour sa recherche. Aujourd&rsquo;hui, le modèle auteur-payeur frappe le chercheur de plein fouet. Certains pourront se permettre les journaux les plus chers, beaucoup ne pourront pas. L&rsquo;inégalité d&rsquo;accès, non plus à la lecture mais à la publication, sera bien plus flagrante qu&rsquo;auparavant&#8230;</p>
<p>On ne peut laisser s&rsquo;installer un tel effet pervers. Il faut absolument endiguer toute dérive du modèle. Certes, nous ne pouvons entraver l&rsquo;absolue liberté des prix et chaque éditeur pratiquera les prix qu&rsquo;il entend appliquer. Mais il faut <a href="http://sco.lt/7mYZOb">éveiller la conscience des chercheurs</a> eux-mêmes, dans leur propre intérêt et lancer un <a href="http://arstechnica.com/science/2012/06/new-open-access-journal-aims-to-disrupt-scholarly-publishing/">mouvement actif</a> a cet effet.</p>
<p><strong>Un moratoire pour les APC ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est pourquoi je propose l&rsquo;instauration d&rsquo;une charte morale de la publication scientifique, qui imposerait un &laquo;&nbsp;<strong><em>Three-Digit Moratorium</em></strong>&nbsp;&raquo; , assorti d’un boycott de toute charge de publication supérieure à 999 $ pour un article scientifique. Il est évident qu&rsquo;on m&rsquo;opposera le fait que l’inflation rendra ce coût irréaliste dans quelques années. Sans doute, mais il faudra encore bien des années et ceci peut faire changer progressivement les mentalités. On m’objectera aussi que, quel que soit le caractère prohibitif des prix surfaits, certains pourront se les permettre, que les prix sont libres et qu&rsquo;une nouvelle hiérarchie des prix imposera une nouvelle hiérarchie de qualité, donc un nouveau ranking des titres et par conséquent une nouvelle base absurde pour l&rsquo;évaluation des chercheurs basée sur les journaux où ils parviennent à publier. C&rsquo;est un écueil, effectivement. On me dira également qu&rsquo;un tel nivellement sur le plan financier nuira à la valeur ajoutée que peut apporter un éditeur dans le travail éditorial. C&rsquo;est vrai, mais aisément vérifiable. On me dira enfin  qu&rsquo;on ne pourra plus faire la différence entre un bon éditeur (réellement utile à la fois à l&rsquo;auteur et au lecteur) et les <a href="http://sco.lt/7NdE49">éditeurs frelatés</a> que l&rsquo;on voit proliférer aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est sans doute vrai et il faudra trouver la parade.</p>
<p><strong>Revoir les méthodes d&rsquo;évaluation</strong></p>
<p>Mais pourquoi ne décidons-nous pas que, de même que nous devrions nous imposer l&rsquo;effort d&rsquo;évaluer les chercheurs sur la stricte base de la qualité de leur travail où qu&rsquo;il soit publié et non sur le reflet indirect qu&rsquo;en donne le facteur d&rsquo;impact des revues où ils publient, nous devions aussi faire l&rsquo;effort de juger les revues sur la valeur qu&rsquo;elles ajoutent et non sur leur facteur d&rsquo;impact?</p>
<p>Nous voici revenus à l&rsquo;éternel dilemme du choix entre d&rsquo;une part les méthodes pseudo-scientifiques de l&rsquo;évaluation quantitative, rassurante parce qu&rsquo;elle est chiffrée, pratique car les chiffres parlent d&rsquo;eux-mêmes et dont on évite de remettre les fondements en cause, et d&rsquo;autre part l&rsquo;évaluation qualitative, plus longue, plus fastidieuse, plus exigeante en compétences et apparemment plus subjective puisqu&rsquo;elle ne bénéficie pas de la fausse objectivité des cotations.</p>
<p><strong>Gardons le cap</strong></p>
<p>Nous avons appris qu&rsquo;un combat. S&rsquo;il est juste et intelligent, peut finir par être remporté. Ne laissons donc pas l&rsquo;apparence insurmontable d&rsquo;une nouvelle approche de l&rsquo;évaluation nous détourner de l&rsquo;objectif. L&rsquo;<a href="http://sco.lt/5TcVGr">Histoire est en marche</a>, maintenons le cap. Dans le virage qui s&rsquo;opère aujourd&rsquo;hui en matière de communication scientifique, il faut bien attacher sa ceinture, bien tenir le volant et ne pas se laisser aveugler par les projections des intérêts particuliers qui nous éclaboussent le pare-brise.</p>
<p>A lire: le numéro spécial de Nature &laquo;&nbsp;<a href="http://www.nature.com/news/the-future-of-publishing-a-new-page-1.12665">The Future of Publishing, a new Page</a>&nbsp;&raquo;<br />
Mon <a href="http://www.scoop.it/t/open-access-to-scholarly-publishing">journal</a> Scoop.it</p>
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		<title>Dernières nouvelles des réseaux</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Mar 2013 10:40:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access]]></category>
		<category><![CDATA[Rankings]]></category>
		<category><![CDATA[Relations extérieures]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me fais rare sur mon blog. Il est vrai que l&#8217;implication de l&#8217;ULg dans une multitude croissante d&#8217;interactions avec le milieu économique et social m&#8217;empêche de consacrer le temps que je souhaiterais à cette rédaction. Je reste toutefois très actif sur les réseaux sociaux qui sont incontestablement en train de supplanter celui qui est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me fais rare sur mon blog. Il est vrai que l&rsquo;implication de l&rsquo;ULg dans une multitude croissante d&rsquo;interactions avec le milieu économique et social m&rsquo;empêche de consacrer le temps que je souhaiterais à cette rédaction.<br />
Je reste toutefois très actif sur les réseaux sociaux qui sont incontestablement en train de supplanter celui qui est aujourd&rsquo;hui devenu le &laquo;&nbsp;vieux&nbsp;&raquo; blog, déjà un peu désuet…</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que vous trouverez mes interventions récentes sur les sujets liés de plus ou moins près à l&rsquo;ULg via Scoop.it <a href="http://www.scoop.it/t/universite-deliege-vue-cote-recteur">&laquo;&nbsp;Université de Liège, vue côté Recteur&nbsp;&raquo;</a>.</p>
<p>Par ailleurs, j&rsquo;y relate également des informations qui me semblent dignes d&rsquo;intérêt en matière d&rsquo;<a href="http://www.scoop.it/t/open-access-to-scholarly-publishing">accès libre aux publications scientifiques</a>, ainsi que sur les <a href="http://www.scoop.it/t/evaluations-classements-mythes-et-realites">classements et évaluations</a>. </p>
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		<title>M&#8217;accorderez-vous ce slow ?</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Nov 2012 18:37:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Ça suffit! On commence à en avoir marre de pédaler, le nez dans le guidon, comme des forcenés, jour après jour, pendant trois semaines épuisantes, par monts et par vaux, sans rien voir du paysage, sans profiter de quoi que ce soit, ni des vues imprenables, ni des vastes plaines ni des hauts sommets, ni [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>&laquo;&nbsp;Ça suffit! On commence à en avoir marre de pédaler, le nez dans le guidon, comme des forcenés, jour après jour, pendant trois semaines épuisantes, par monts et par vaux, sans rien voir du paysage, sans profiter de quoi que ce soit, ni des vues imprenables, ni des vastes plaines ni des hauts sommets, ni du soleil ni du brouillard, ni des petites vallées riantes où serpentent de jolis ruisseaux qui appellent au pique-nique, ni des petits restaurants sympathiques aux charmantes terrasses ensoleillées, ni des petits lacs où voguent les voiliers. On en a marre. Toujours plus vite, toujours plus fort, une vrai vie de forçat.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jacques Lechampêtre, coureur cycliste de son état, ne mâche pas ses mots face à son directeur sportif, Adrien Gagnon. On est en plein Tour de France, juste avant la neuvième étape et les choses, jusqu&rsquo;ici ne se passaient pas trop mal. Mais Gagnon sentait bien, depuis quelques jours, après une cruelle saison des classiques, quasi toutes remportées par un coureur hors-pair, le célèbre Éric Painblanc, surnommé &laquo;&nbsp;le Cannibale&nbsp;&raquo;, de l&rsquo;équipe Vohrass, et ses coéquipiers, que quelque chose couvait dans le peloton et plus particulièrement dans l&rsquo;équipe Belgiana, aux destinées sportives de laquelle il préside.</p>
<p>&laquo;&nbsp;En plus&nbsp;&raquo; ajoute Lechampêtre, &laquo;&nbsp;tous les maillots vont toujours aux mêmes, et ils raflent les primes au haut des côtes ou à chaque sprint sans nous en laisser une seule. Nous, on bosse comme des malades et on doit se contenter de notre petit salaire de rien&nbsp;&raquo;. </p>
<p>&laquo;&nbsp;Je vous comprends,&nbsp;&raquo; répond Gagnon, &laquo;&nbsp;mais ce n&rsquo;est pas en ralentissant la cadence que vous allez résoudre le problème! Vous n&rsquo;en serez que plus loin au classement. Et puis, comment vais-je pouvoir préserver l&rsquo;existence de l&rsquo;équipe? Plus aucun sponsor ne voudra nous soutenir. Même les subventions publiques ne nous parviendront plus puisque c&rsquo;est sur base de vos résultats qu&rsquo;on nous les octroie.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mais c&rsquo;est parce que tout le monde se trompe! On vit dans un monde déboussolé qui a perdu tous ses repères! Les gens ne voient plus les choses de façon réaliste! Où est-ce que cette frénésie nous mène? Au dopage, qui fichera notre santé en l&rsquo;air, et qui menace même notre vie! Et que pourrons nous dire en fin de carrière, et ça viendra vite, de ce qu&rsquo;aura été notre vie? Nous nous serons défoncés sans plus d&rsquo;horizon qu&rsquo;un mineur au fond du trou, et nous ne saurons comment continuer à vivre. Non, c&rsquo;est clair, il faut qu&rsquo;on arrête de courir à ce point et qu&rsquo;on lève le pied.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ses coéquipiers applaudissent et reprennent en chœur: &laquo;&nbsp;On propose le &laquo;&nbsp;Slow Biking&nbsp;&raquo;! Nous allons rédiger un manifeste pour défendre une vraie valeur, le &laquo;&nbsp;Déchampionnat&nbsp;&raquo;. Nous lancerons une pétition et vous serez étonné du nombre de signatures que nous allons récolter auprès du peloton! Nous allons proposer un Tour de France en neuf semaines, qui nous laissera le temps de penser à notre condition, goûter les plaisirs de la promenade et du tourisme et vous verrez la compétence que nous allons acquérir! Au moins, à la fin de notre carrière, nous pourrons nous reconvertir en auteurs de guides touristiques et gastronomiques et notre avenir sera assuré!&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mais vous n&rsquo;aurez même plus de spectateurs le long de votre parcours!&nbsp;&raquo; reprend Gagnon, excédé.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Justement, tant mieux, nous pourrons au moins grimper au haut des cols sans être houspillés par un public surexcité, hurlant et courant à nos côtés! C&rsquo;est très dangereux, d&rsquo;ailleurs!&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je saisis vos arguments et, d&rsquo;une certaine manière, je les trouve plutôt sympathiques. Mais il faut vraiment changer beaucoup de choses et convaincre des dizaines de milliers de gens de votre démarche. Les autres équipes, pas plus que les organisateurs du Tour ou des autres compétitions, ne sont prêts à vous emboîter le pas. Et si notre équipe est la seule à prendre cette direction, nous sommes fichus, c&rsquo;est suicidaire! Nous serons dans le vrai, mais sans le sou&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est ça! Changeons le monde! Il faut être stupide pour ne pas comprendre ce que nous voulons dire!&nbsp;&raquo; lance Lechampêtre. Et ses trois coéquipiers, fidèles &laquo;&nbsp;porteurs d&rsquo;eau&nbsp;&raquo;, Folâtre, Gambadin et Butinot, de reprendre en chœur: &laquo;&nbsp;Changeons le monde, changeons le monde !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>**********</p>
<p>Il est vrai que les revendications de nos sympathiques contestataires de l&rsquo;équipe Belgiana prêtent à l&rsquo;ironie tant elles sont naïves et irréalistes. Tout aussi candides que celle des tenants de la &laquo;&nbsp;désexcellence&nbsp;&raquo; et de la &laquo;&nbsp;Slow Science&nbsp;&raquo; à propos desquels j&rsquo;ai publié <a href="http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=816">de précédents articles</a> de ce blog. Mais je reconnais volontiers que leur cri d&rsquo;alarme, comme celui de mes personnages fictifs, pousse à la réflexion.</p>
<p>L&rsquo;accélération du rythme universitaire est incontestable et elle nuit à la qualité du travail, quoi qu&rsquo;on en pense. Certes, ceci peut varier beaucoup selon le domaine du savoir. Il existe des champs d&rsquo;activité où l&rsquo;on doit nécessairement réfléchir, prendre du recul et laisser mûrir ses idées. Mais ne nous méprenons pas. Cette nécessité est évidemment vraie partout et l&rsquo;idée que certains champs d&rsquo;investigation y échappent est absolument erronée. La réalité est simplement que, dans les sciences expérimentales et techniques, on en arrive à oublier cette exigence de décantation intellectuelle et c&rsquo;est dommage. Un sentiment d&rsquo;urgence et la conviction d&rsquo;être au cœur d&rsquo;une perpétuelle compétition en sont certes responsables mais il faut se demander pourquoi il en est ainsi, comment on en est arrivé là et, en fin de compte, à qui profite cette hyperactivité trépidante.</p>
<p>On pourrait gloser à perte de vue sur ce sujet, mais je me contenterai de relever un point en particulier. On estime aujourd&rsquo;hui à environ un million et demi le nombre de publications de recherche paraissant chaque année (<a href="http://ocs.library.utoronto.ca/index.php/Elpub/2008/paper/view/689/0">Björk, Roos &#038; Lauri, 2008</a>), immensément plus qu&rsquo;il y a quarante ans. Dans le même temps, la pression du &laquo;&nbsp;<em>publish or perish</em>&nbsp;&raquo; n&rsquo;a cessé de croître, le nombre de candidats à une carrière de recherche a considérablement augmenté, les postes disponibles également — mais pas dans la même proportion — et les moyens technologiques d&rsquo;accélérer la recherche ont énormément évolué. Le système s&rsquo;est emballé. Nos institutions ont emboîté le pas avec beaucoup de candeur et ont plongé dans l&rsquo;illusion du rendement et de la productivité à outrance. Rares sont ceux qui ont su prendre suffisamment conscience de ce piège. Nous avons adopté un système d&rsquo;évaluation estimant la qualité d&rsquo;un vaste ensemble de compétences nécessaires au chercheur sur la simple valeur des journaux dans lesquels il publie, entre autres absurdités telles que le nombre absolu de publications. Le nombre pour le quantitatif, la cote du journal pour le qualitatif. Deux critères non pas totalement irrelevants mais relativement peu significatifs dans bien des cas.</p>
<p>Certaines voix, dont <a href="http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=367">la mienne</a> se sont élevées, mais en vain, car comment décider de faire marche arrière sans handicaper gravement sa propre institution tant que la compétition internationale ne fait pas relâche ? Et comment espérer qu&rsquo;elle le fasse ? Et nous voilà revenus à la bonne logique de nos coureurs cyclistes&#8230;</p>
<p> À côté de cette globalisation qui a entraîné les universités dans une logique de tourbillon, un autre élément a pesé très lourd. Les grandes maisons d&rsquo;édition scientifique, qui avaient déjà compris tout le profit qu&rsquo;on pouvait tirer du monde de la recherche qui n&rsquo;avait aucune vision stratégique par rapport à son processus de publication, se mirent à multiplier les journaux jusqu&rsquo;à atteindre le nombre effarant de 26.000, estimation actuelle. Et cette explosion ne ralentit pas. Ceci a largement contribué à rendre possible un véritable excès de publications, une fragmentation des résultats visant à multiplier les articles avec le même message, bref, une accélération du processus de production scientifique. Une grande société privée a tout simplement acheté l&rsquo;ISI (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Institute_for_Scientific_Information">Institute for Scientific Information</a>) qui a établi la notion même de &lsquo;facteur d&rsquo;impact&rsquo;. Elle a persuadé la communauté scientifique de la validité des méthodes d&rsquo;évaluation des chercheurs basées sur celle des revues où ils publient. Et elle a rendu incontournable cette mesure pour les évaluateurs que le caractère trépidant de la vie a poussé vers la confiance en une mesure chiffrée, facile et rapide à obtenir. Une illusion de rigueur.</p>
<p>Sans disposer d&rsquo;un outil de mesure réellement fiable, mais devant la nécessité d&rsquo;évaluer, on peut estimer qu&rsquo;une approche plus raisonnable est celle qui se base sur le nombre de citations. Il est clair que beaucoup d&rsquo;effets pervers entachent cette mesure, mais elle peut donner une idée approximative de la &laquo;&nbsp;pénétrance&nbsp;&raquo; d&rsquo;un auteur dans son environnement scientifique, donc de son impact sur la communauté. Sur cette base, il est clair que l&rsquo;accessibilité gratuite des publications sur le Web et leur repérage par des moteurs de recherche augmentent considérablement les chances d&rsquo;être lu, donc cité.</p>
<p>Et la boucle est bouclée. Cela n&rsquo;étonnera personne que j&rsquo;en arrive à prétendre que l&rsquo;Open Access (OA) offre une possibilité de se libérer des contraintes de la trépidante excessive de la vie de chercheur. Et pour moi, la nécessité de cette libération n&rsquo;est pas, pour le chercheur, l&rsquo;aspiration à travailler moins, mais à travailler autrement, l&rsquo;aspiration à prendre le temps de la réflexion, l&rsquo;aspiration à ne publier que ce qui est utile, sans redondance et sans &laquo;&nbsp;saucissonnage&nbsp;&raquo;. Je reconnais évidemment que, si l&rsquo;OA présente beaucoup de mérites, rien n&rsquo;indique qu&rsquo;il contribuera à ralentir la cadence de la vie universitaire pour lui rendre une certaine sérénité. Mais nous savons aujourd&rsquo;hui que des articles oubliés reviennent à l&rsquo;honneur grâce à cette ouverture libre et l&rsquo;accès libre à l&rsquo;ensemble des publications sur un sujet permet, pour autant qu&rsquo;on en prenne le temps, de mieux cibler sa propre recherche et de la relativiser.</p>
<p>Les tenants de la &laquo;&nbsp;<em>Slow Science</em>&nbsp;&raquo; vont plus loin, et plus sûrement sur la voie cette sérénité, mais au prix d&rsquo;un changement radical qui n&rsquo;est autre que celui que revendiquent également Lechampêtre et ses compagnons. Ceux-ci ont sans doute raison, au moins partiellement, mais ils n&rsquo;ont qu&rsquo;une infime chance de convaincre leurs sponsors dans la caravane du Tour et les milliers de spectateurs tout au long de la route de la nécessité d&rsquo;en venir à une course au ralenti dans laquelle l&rsquo;objectif ne serait pas de gagner&#8230;</p>
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		<title>Communication institutionnelle &#171;&#160;off&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Nov 2012 15:10:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai créé sur &#171;&#160;Scoop.it&#160;&#187; deux recueils d&#8217;articles de presse en ligne et d&#8217;informations générales ou spécialisées dans deux domaines: - L&#8217;Université de Liège vue côté Recteur - Open Access to Scholarly Publishing J&#8217;y dépose des liens vers des informations qui me semblent intéressantes, interpellantes ou insolites dans le domaine de l&#8217;Université en général et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai créé sur &laquo;&nbsp;Scoop.it&nbsp;&raquo; deux recueils d&rsquo;articles de presse en ligne et d&rsquo;informations générales ou spécialisées dans deux domaines:<br />
- <a href="http://www.scoop.it/t/universite-deliege-vue-cote-recteur">L&rsquo;Université de Liège vue côté Recteur</a><br />
- <a href="http://www.scoop.it/t/open-access-to-scholarly-publishing">Open Access to Scholarly Publishing</a><br />
J&rsquo;y dépose des liens vers des informations qui me semblent intéressantes, interpellantes ou insolites dans le domaine de l&rsquo;Université en général et de celle de Liège en particulier ou dans celui de l&rsquo;accès libre aux publications scientifiques qui, comme on le sait, me tient à cœur.<br />
On peut, si on le souhaite, s&rsquo;y abonner.</p>
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		<title>Petits et grands évènements de l&#8217;Open Access Week</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Oct 2012 20:13:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière était celle de l&#8217;Accès Libre, l&#8217;Open Access Week. Chaque année, elle revient au mois d&#8217;octobre. Chaque année, elle est émaillée d&#8217;événements un peu partout dans le monde. Chaque année, elle renforce chez les militants de l&#8217;OA la conviction que, même si on avance trop lentement à leur goût, on avance. Je ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La semaine dernière était celle de l&rsquo;<strong>Accès Libre</strong>, l&rsquo;<em><a href="http://www.openaccessweek.org">Open Access Week</a>.</em> Chaque année, elle revient au mois d&rsquo;octobre. Chaque année, elle est émaillée d&rsquo;événements un peu partout dans le monde. Chaque année, elle renforce chez les militants de l&rsquo;<em>OA</em> la conviction que, même si on avance trop lentement à leur goût, on avance.<br />
Je ne sais pas pourquoi mais cette année, il me semble que l&rsquo;&nbsp;&raquo;<em>OA Week</em>&nbsp;&raquo; fut particulièrement trépidante.</p>
<p>Sans doute d&rsquo;abord parce que j&rsquo;ai moi-même reçu des invitations nombreuses un peu partout dans le monde (un recteur militant, c&rsquo;est très demandé !), le succès d&rsquo;ORBi commençant à intriguer de plus en plus. J&rsquo;ai choisi de me limiter à deux invitations: l&rsquo;une à Braga, Portugal, à l&rsquo;Université de Minho (<a href="http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/132884">diapositives de la présentation</a>), qui a adopté la même politique de l&rsquo; &laquo;&nbsp;Accès Libre Vert&nbsp;&raquo; que nous et qui organisait une rencontre des universités portugaises sur le sujet; l&rsquo;autre à Paris, à l&rsquo;Université Pierre et Marie Curie (<a href="http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/132884">diapositives de la présentation</a>), pour participer à un colloque sur l&rsquo;<em>OA</em> et exposer le &laquo;&nbsp;phénomène ORBi&nbsp;&raquo;. Deux moments passionnants.</p>
<p>Sans doute aussi parce que cette semaine a été fertile en nouveautés de toutes sortes:</p>
<p>• <strong>En Belgique</strong>, signature lundi 22 par divers acteurs majeurs du monde scientifique (FRS-FNRS, FWO, CReF, VLIR) de la &laquo;&nbsp;<a href="http://openaccessbelgium.files.wordpress.com/2012/10/brussels-declaration-on-open-access.pdf"><em>Brussels Declaration on Open Access</em></a>&nbsp;&raquo; indiquant que, désormais, la publication en accès libre sera la règle pour les recherches subventionnées par des fonds publics. Un pas de géant à condition que le caractère obligatoire de cette mesure soit bien respecté, comme il l&rsquo;est à l&rsquo;ULg depuis 2008 et qui explique son succès. Coïncidence frappante: en peine semaine de l&rsquo;<em>Open Access</em>, <a href="http://orbi.ulg.ac.be/homenews?id=51">ORBi a franchi le cap de son millionième téléchargement</a> !</p>
<p>• <strong>En Australie</strong>, <a href="http://www.timeshighereducation.co.uk/story.asp?sectioncode=26&#038;storycode=421579&#038;c=1">déclaration</a> du nouveau directeur du principal Fonds de recherche australien en faveur de la publication en <em>Open Access</em>.</p>
<p>• <strong>En Grande Bretagne</strong>. Même Elsevier, l&rsquo;ennemi mortel historique de la philosophie de l&rsquo;<em>Open Access</em>, <a href="http://elsevierconnect.com/elsevier-celebrates-open-access-week/">célèbre l&rsquo;OA Week</a>! C&rsquo;est dire si un revirement a eu lieu, mais attention: cela veut surtout dire que, face à une progression inévitable, le grand éditeur a compris qu&rsquo;il était temps d&rsquo;inverser sa politique et qu&rsquo;il fallait vite se saisir du nouveau paradigme à son profit pour préparer l&rsquo;époque où tout sera en accès libre. Car qu&rsquo;on le veuille ou non, qu&rsquo;on aime ça ou non, c&rsquo;est tôt ou tard vers là qu&rsquo;on va. Probablement tôt. Il a compris qu&rsquo;il fallait favoriser l&rsquo;<em>OA &laquo;&nbsp;Gold&nbsp;&raquo;</em> (publication dans un journal offrant l&rsquo;<em>OA</em> immédiat), en offrant ses services pour cela et en les faisant payer à l&rsquo;auteur, ou à l&rsquo;Institution de l&rsquo;auteur, ou à l&rsquo;organisme finançant la recherche de l&rsquo;auteur.<br />
C&rsquo;est ainsi que le lobbying intense des grandes maisons d&rsquo;édition scientifique a porté ses fruits auprès de la commission &laquo;&nbsp;Finch&nbsp;&raquo; mandatée par les <em>RCUK (Research Councils UK)</em><em> pour les conseiller en cette matière et qui ont émis une recommandation importante. Avec l&rsquo;ambition louable de favoriser l&rsquo;</em><em>Open Access</em>, cette recommandation privilégie l&rsquo;<em>OA &laquo;&nbsp;Gold&nbsp;&raquo;</em>. Mais une subtilité fatale s&rsquo;est insérée dans le texte: le chercheur peut opter pour l&rsquo;<em>OA &laquo;&nbsp;Green&nbsp;&raquo;</em> (publication dans un dépôt institutionnel, en accès restreint durant la période éventuelle d&rsquo;embargo, en accès libre dès que possible) mais seulement si l&rsquo;<em>OA &laquo;&nbsp;Gold&nbsp;&raquo;</em> n&rsquo;est pas offert. Cela semble anodin, mais cela signifie que, rapidement, les grands éditeurs pourraient vouloir allonger la période d&rsquo;embargo qu&rsquo;ils imposent et proposer une formule <em>&laquo;&nbsp;Gold&nbsp;&raquo;</em> payante pour l&rsquo;auteur, et l&rsquo;on connait la courbe de croissance des tarifs imposés par ses maisons dès qu&rsquo;elles ont hameçonné le client, elle n&rsquo;ont plus rien à démontrer à cet égard. Le danger est donc énorme et il a été dénoncé. Il semble que RCUK soit en train de revoir le phrasé de sa décision.</p>
<p>• <strong>En France</strong>, gros tremblement de terre dans une institution vénérable: le CNRS qui, via sa &laquo;&nbsp;filiale&nbsp;&raquo; de promotion de la diffusion du savoir, l&rsquo;INIST et son programme <strong>RefDoc</strong>, propose <strong>contre remboursement</strong>, &laquo;&nbsp;<em>plus de 53 millions de références d’articles, ouvrages, rapports, actes de congrès&#8230; en science, technologie, médecine, sciences humaines et sociales, de 1823 à nos jours (mise à jour quotidienne)</em>&laquo;&nbsp;. Si vous avez un jour publié un article de recherche, vous avez beaucoup de chances de l&rsquo;y retrouver… Allez <a href="http://www.refdoc.fr">sur le site de RefDoc</a>, introduisez votre nom, il serait étonnant que vous ne découvriez pas que, pour la somme de 11€ que vous trouverez en cliquant &laquo;&nbsp;tarifs&nbsp;&raquo;, vous pouvez vous faire envoyer votre article! (pour un envoi spécial et rapide, c&rsquo;est plus cher: 50€).<br />
Que faut-il en penser ?<br />
Le CNRS, visiblement mal à l&rsquo;aise, <a href="http://intranet.cnrs.fr/intranet/actus/insist-20121019.html">a répondu rapidement</a> à ses très nombreux détracteurs <a href="http://droitsdauteur.wordpress.com/2012/10/19/mais-que-cherche-linist/">(voici un exemple)</a> (l&rsquo;affaire a fait <a href="http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/10/18/le-cnrs-pignouf-qui-pille-les-chercheurs-236285">traînée de poudre</a>, elle a viré au scandale et celui-ci a déjà été surnommé l&rsquo;&nbsp;&raquo;Inistgate&nbsp;&raquo;!). Un collectif d&rsquo;auteurs s&rsquo;est immédiatement constitué et propose un <a href="http://www.savoirscom1.info/2012/10/15/inist-refdoc-rejoignez-le-collectif-des-auteurs-en-colere/#retrait">formulaire électronique de demande de retrait des articles</a> par chaque auteur indigné.</p>
<p>Certes, le procédé dérange au plus haut point. Il reflète une immense maladresse certainement due à la méconnaissance, par une grosse machine administrative, de ce qu&rsquo;est l&rsquo;<em>Open Access</em>. En effet, hormis des livres (nous en avons retrouvé un, scindé en articles séparés et provenant d&rsquo;un éditeur qui n&rsquo;a jamais été consulté !), un grand nombre d&rsquo;articles sont déjà en accès libre et gratuit, soit sur des sites <em>ad hoc</em> comme <em>PubMed</em>, par exemple, soit dans les dépôts institutionnels comme ORBi. Si vous vous apprêtez à télécharger un article émanant de l&rsquo;Université de Liège à partir de RefDoc, venez donc le chercher <a href="http://orbi.ulg.ac.be">sur Orbi</a>, il vous en coûtera 11€ de moins, c&rsquo;est à dire zéro !</p>
<p>Comment ne pas penser que cette initiative, avec son caractère massif, soit une entreprise de diffusion payante (donc cela n&rsquo;a rien à voir avec l&rsquo;OA !) de biens qui ne lui appartiennent pas. C&rsquo;est exactement le reproche que font certains à l&rsquo;<em>OA &laquo;&nbsp;Green&nbsp;&raquo;</em>, sauf que dans ce cas, l&rsquo;expédition n&rsquo;est pas payante et l&rsquo;accès (libre ou restreint) est accordé par les auteurs eux-mêmes (qui conservent, quoi qu&rsquo;il arrive, la propriété intellectuelle et le droit au crédit).<br />
Ce qui me dérange, c&rsquo;est précisément qu&rsquo;un tel scandale puisse être utilisé par des opposants à l&rsquo;<em>Open Access</em> qui feraient un amalgame totalement abusif entre les deux initiatives.</p>
<p>Plusieurs de mes collègues qui se sentent spoliés me demandent d&rsquo;intenter une action en justice. Ce n&rsquo;est pas mon intention, pour toutes sortes de raisons et d&rsquo;autres ne manqueront probablement pas de le faire. Il me semblerait plus important d&rsquo;exiger de l&rsquo;INIST qu&rsquo;il indique clairement qu&rsquo;un article qu&rsquo;il vend est aussi disponible en accès libre sur un dépôt institutionnel. Cette revendication-là me semble essentielle. Toutefois, j&rsquo;apprends aujourd&rsquo;hui hui que l&rsquo;INIST a choisi de supprimer de son inventaire les articles qui sont par ailleurs accessibles en <em>Open Access</em>. Réaction prudente, mais révélatrice du mobile: <strong>l&rsquo;argent et non pas la diffusion du savoir</strong> !</p>
<p>En conclusion, tout ceci n&rsquo;est qu&rsquo;un épiphénomène parasite. Ne laissons pas ce parasite nous distraire de nos véritables ennemis que sont les grands prédateurs de la recherche, gardons notre objectif qui est, à terme, de pouvoir diffuser librement toute information émanant de nos recherches sans contrainte légale et/ou financière, via l&rsquo;Accès Libre Vert.</p>
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		<title>La Rentrée académique 2012</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Sep 2012 13:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>

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		<description><![CDATA[Discours de Rentrée académique, le 26 septembre 2012 &#8211; &#171;&#160;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une université?&#160;&#187; Discours de Dirk Frimout Reportage de Jean-Louis Wertz La minute d&#8217;autodérision rectorale (video) Avoir un rêve (video) Quand les astronautes aident les chercheurs (video)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://bit.ly/PMaA8u">Discours</a> de Rentrée académique, le 26 septembre 2012 &#8211; &laquo;&nbsp;Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une université?&nbsp;&raquo;</p>
<p><a href="http://www.ulg.ac.be/cms/c_2402196/discours-de-dirk-frimout">Discours</a> de Dirk Frimout</p>
<p><a href="http://www.ulg.ac.be/cms/c_2410909/reportage-du-photographe-jean-louis-wertz">Reportage</a> de Jean-Louis Wertz</p>
<p>La <a href="http://vimeo.com/50335510">minute</a> d&rsquo;autodérision rectorale (video)</p>
<p><a href="http://www.ulg.ac.be/cms/c_2400229/avoir-un-reve">Avoir un rêve</a> (video)</p>
<p><a href="http://www.ulg.ac.be/cms/c_2382455/quand-les-astronautes-aident-les-chercheurs">Quand les astronautes aident les chercheurs</a> (video)</p>
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		<item>
		<title>Ne nous y trompons pas !</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jul 2012 06:52:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Gouvernement britannique promeut l&#8217;Open Access mais par la voie la plus chère (The Guardian, ce matin). Conséquence: un surcoût pour les fonds de recherche, donc pour les chercheurs, d&#8217;environ 50 millions de £ par an afin d&#8217;ouvrir l&#8217;accès tout en préservant les profits des maisons d&#8217;édition. Cette initiative, qui apparaît à première vue comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Gouvernement britannique promeut l&rsquo;Open Access mais par la voie la plus chère (<a href="http://m.guardian.co.uk/science/2012/jul/15/free-access-british-scientific-research?cat=science&#038;type=article" title="The Guardian, 16.07.12" target="_blank">The Guardian, ce matin</a>).</p>
<p>Conséquence: un surcoût pour les fonds de recherche, donc pour les chercheurs, d&rsquo;environ 50 millions de £ par an afin d&rsquo;ouvrir l&rsquo;accès tout en préservant les profits des maisons d&rsquo;édition. </p>
<p>Cette initiative, qui apparaît à première vue comme un soutien à la Recherche et à sa diffusion libre, pourrait résoudre une des deux revendications du mouvement de l&rsquo;Open Access (la liberté d&rsquo;accès aux résultats de la Recherche) mais gravement enrayer l&rsquo;autre (combattre l&rsquo;escalade astronomique des coûts de publication). </p>
<p>L&rsquo;extension à l&rsquo;ensemble de la Communauté Européenne de cet exemple imparfait (voire même trompeur, car on peut n&rsquo;y voir que l&rsquo;aspect positif) pourrait endommager gravement la recherche universitaire pour une relativement longue durée, celle de la période intermédiaire avant que toute la production scientifique soit diffusée directement dans des journaux publiés en Open Access. A ce moment-là, le seul coût sera celui des charges strictement liées à la publication et au travail d&rsquo;édition, y compris le <em>peer reviewing</em>. La proposition intermédiaire et hybride où les universités paient pour lire ET pour publier est tout simplement catastrophique pour nos budgets et réduit la part de nos moyens attribuable directement à la recherche.</p>
<p>On est bien là au cœur du dilemme: promouvoir la recherche internationalement ou sauver le <em>business model</em> des grandes maisons d&rsquo;édition scientifique.</p>
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		<title>Let&#8217;s not be mistaken !</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jul 2012 06:52:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Rentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Open Access in English]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>

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		<description><![CDATA[The British Government will promote Open Access but the expensive way (The Guardian, this morning), consequently raising the cost for research funds, hence for researchers, to about 50 millions £ per year, in order to open freely access to scientific publications while preserving the big publishing houses&#8217; profits. This decision, to be taken later today, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>The British Government will promote Open Access but the expensive way (<a href="http://m.guardian.co.uk/science/2012/jul/15/free-access-british-scientific-research?cat=science&#038;type=article" title="The Guardian, 16.07.12" target="_blank">The Guardian, this morning</a>), consequently raising the cost for research funds, hence for researchers, to about 50 millions £ per year, in order to open freely access to scientific publications while preserving the big publishing houses&rsquo; profits. </p>
<p>This decision, to be taken later today, which appears at first sight as supportive for a free diffusion of research, could well meet one claim of the Open Access worldwide movement (free access to research output) but could also harm considerably the other (fight escalating publication costs). </p>
<p>Extending this imperfect (perhaps even misleading, since one may see only the bright side) example to the entire European Community could damage university research seriously and perhaps durably, at least for the whole transition period while both systems will coexist before all scientific knowledge will be published directly in &laquo;&nbsp;Gold&nbsp;&raquo; Open Access journals. At that time, the only cost will be that of editing and publishing on line and will include the peer reviewing process. The hybrid system where universities pay to read AND to publish as well is simply disastrous for our budgets and reduces considerably research funding.</p>
<p>We are here at the core of the dilemma: promote research internationally or spare the big publishing houses&rsquo; business model.</p>
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