Culture


Les élections au Conseil d’administration de l’ULg approchent à grands pas.
Comme tous les corps, les étudiants vont voter et il est important qu’ils le fassent. Et qu’ils présentent en nombre leur candidature également.
Persuader les étudiants de participer aux élections en votant ou, mieux encore, en étant candidat, n’est généralement pas chose facile. Les exhortations des autorités académiques n’ont que peu d’effet. La « Fédé » a plus de chance de convaincre et elle s’y emploie. En particulier, elle y a consacré la plus grande partie du dernier numéro de son journal, le P’tit Torè.
Comment ne pas être désarçonné , dès lors, par le choix de l’illustration en couverture ?

Première hypothèse: les étudiants responsables n’ont jamais entendu parler du personnage, ils ont juste sélectionné la photo d’un brave citoyen (en képi, il est vrai) en train de voter. Cela m’étonnerait, connaissant leur érudition politique.

Deuxième hypothèse: ils ignorent tout du bilan de l’homme, la dictature totalitaire, le Goulag, la Sibérie, les déportations massives des coréens, des polonais, des allemands de la Volga, des baltes, des tchétchènes, des tatars de Crimée, des kalmouks, des ukrainiens, entre autres. Il n’ont pas eu vent des séquestrations arbitraires, du placement forcé de centaines de milliers d’enfants en orphelinat, du Politburo, des purges systématiques, des rafles quotidiennes et de la terreur permanente. Cela m’étonnerait tout autant, pour la même raison. Ils devraient également ignorer les pratiques électorales connues du monde entier sous le nom de « vote stalinien » et ce serait encore plus surprenant.

Troisième hypothèse: tout ceci n’est qu’un énorme clin d’œil, certes de mauvais goût, mais relevant d’un humour au second degré. Dans ce cas, on devrait en trouver la clé quelque part dans ce même numéro du journal. J’en ai nourri l’espoir mais il n’en est rien, j’ai bien cherché…

Quatrième hypothèse: l’allusion est intentionnelle. Le sympathique « petit père des peuples » est bien une référence honorable pour l’éditeur responsable du P’tit Torè (la Fédé), il est une icone montrant à tous le chemin à suivre et les méchancetés que l’on raconte sur son compte ne sont que malveillance. J’espère de tout cœur qu’un tel révisionnisme n’a pas cours dans notre université.

Une cinquième hypothèse m’échappe? Dites-moi que oui!

On me dira que je m’inquiète pour quelque chose de bien anodin mais, sans rire, ce n’est pas mon avis. Et si j’étais étudiant à l’ULg en 2009, je me poserais quand même sérieusement la question de savoir qui me demande d’adhérer et à quoi…

La prochaine Rentrée Académique de l’ULg, le 18 septembre prochain, se déroulera sous le signe de la recherche en Environnement, avec la remise des insignes de Docteur honoris causa à Rajendra Kumar Pachauri, président du GIEC et co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2007. Elle verra également une conférence de notre hôte ainsi que des débats et des activités diverses sur le thème central du jour et de l’année à venir.

Pour donner à ces activités diverses le temps qu’elles méritent, je romprai avec les habitudes. La cérémonie de Rentrée sera retardée de 15 à 17 heures. Le cortège traditionnel sera réduit et le protocole simplifié, de manière à respecter néanmoins l’heure habituelle de fin de séance.

J’ai pu constater combien nos chercheurs impliqués de près ou de loin dans des recherches environnementales étaient nombreux. Je souhaite donc profiter de cette journée pour faire mieux connaître et apprécier les recherches menées à l’Université de Liège sur cette thématique. La Rentrée 2008 sera donc principalement celle des chercheurs, elle constituera une occasion pour eux de présenter l’excellence de leurs travaux.

Afin que chacun puisse y trouver sa place et collaborer concrètement, j’ai fait lancer deux actions sous la bannière «Planet’ULg» : un site Internet et une exposition.

PLANET’ULg, LE SITE

Suite à mon appel en Intranet il y a quelques jours, nombreux déjà sont ceux qui ont complété le formulaire ou pris contact avec Julie Louis au 9928 ou par courriel (reflexions@ulg.ac.be). Il est encore possible de le faire, mais nous souhaiterions pouvoir évaluer assez rapidement le nombre des participants et identifier leur champ d’activités. C’est pourquoi je recommande à ceux qui ont l’intention de se manifester de le faire rapidement.

PLANET’ULg, L’EXPO

Parallèlement au site, qui restera actif pendant toute l’année académique, l’exposition de nos recherches en lien avec l’environnement, toutes Facultés confondues, sera visible lors de la journée de Rentrée Académique. Pour cette exposition, je fais également appel à la contribution des chercheurs sous la forme de posters ou de présentations PowerPoint et nos équipes seront à leur disposition pour la réalisation de leurs idées. Les informations pratiques se trouvent sur le portail MyULg (voir l’actualité « Planet’ULg : le site et l’expo »).

D’avance, je remercie tous ceux qui feront de cette journée et des activités qui l’entoureront un succès sans précédent.

Social Networks
Internet crée de nouvelles opportunités et de nouvelles habitudes. Celles-ci sont rapidement saisies, exploitées et intégrées, en particulier par les jeunes. C’est ainsi qu’on voit se développer les « Social Networks » ou « réseaux sociaux » du Net. Ils reposent sur le principe du référencement d’amis et de connaissances en cascade, avec les possibilités de contacts nouveaux que cela implique. Beaucoup d’adolescents se lancent sur cette piste qui, plus que toute autre opportunité de rencontre, permet de contourner les difficultés sociales de la rencontre réelle, de dépasser la timidité et les inhibitions du vrai face-à-face. Le succès actuel des réseaux sociaux est le meilleur signe de leur efficacité. C’est ainsi que Facebook, LinkedIn, MySpace, Friendster, Netlog ou le très critiqué Tagged, ont rallié des dizaines de milliers de membres.

On pourra disserter longtemps sur le point de savoir si ces réseaux sont une bonne chose ou non. Selon certains, ils apportent des opportunités inégalées d’établissement de contacts et permettent de nouer des camaraderies ou des amitiés, et le nombre quasi illimité de contacts augmente statistiquement les chances de trouver la relation idéale. Pour d’autres, la dissimulation derrière la barrière protectrice de l’écran d’ordinateur augmente les risques de réclusion volontaire et offre aux adolescents le leurre de la prise de contact facile, voire inoffensive.

Ce qui est sûr, c’est que ces réseaux ne sont pas sans danger, comme le rappelait encore récemment Eric Nunès dans Le Monde, pas moins que les rencontres véritables, de nombreux requins rôdant dans le cyber-océan…

Les réseaux sont nés aux USA, l’un des plus célèbres étant Facebook, inventé par des étudiants de l’Université Harvard et leur servant de « trombinoscope » virtuel. Très vite, cet outil interne a connu une très grande popularité et est devenu leur meilleur moyen de rencontre, chacun y notant ses goûts, ses intérêts et ses hobbies, y insérant sa ou ses photos, et s’accordant de la sorte des possibilités de faire connaissance et de bavarder avec des inconnus, avant d’en venir à des rencontres réelles. Rapidement, l’outil est sorti du campus universitaire pour se répandre dans le monde entier (un site Facebook francophone existe) et devenir une grande aventure commerciale extrêmement lucrative grâce, précisément, aux informations sur les goûts et les intérêts des membres. En effet, ces informations qui ne concernent, en principe, que les autres membres ou futurs membres du réseau, sont captées par les robots de recherche et servent à orienter l’avalanche de publicités qui va déferler ensuite sur eux, parfaitement ciblée.

Pourquoi pas chez nous ?
Une université qui se veut à la pointe de l’informatique en tant qu’outil de communication ne peut ignorer ces pratiques nouvelles. Elle se doit même de les utiliser, non pas pour les « récupérer », encore moins pour les contrôler, ces deux objectifs n’étant pas acceptables, mais s’il s’agit d’un outil fréquemment utilisé par beaucoup d’étudiants, l’Institution doit pouvoir adopter ce nouveau concept et en faire elle-même un usage « sympathique » et perçu comme positif par tout le monde. Nous développons actuellement un outil de ce genre, sur la base du « trombinoscope » que nous avons lancé avec le nouveau site web. La technologie est au point, il ne manque que l’ajout de fonctionnalités usuelles dans ce genre d’outils que nous pourrions élaborer en collaboration étroite avec les étudiants eux-mêmes avant de la mettre complètement à leur disposition.

Pourquoi recréer un réseau pour nos étudiants alors que Facebook et d’autres existent ? Comme mentionné préalablement, les outils publics sont une mine d’informations pour des exploitations commerciales, voire même potentiellement pour des usages nettement moins avouables. D’autant que les jeunes utilisateurs de ces produits n’ont que très rarement une attitude prudente dans la divulgation d’informations qui les concernent. Il est de notre devoir de protéger la vie privée de nos étudiants. Tous les développements réalisés sur myULg respectent ce leitmotiv.

Mais le besoin existe-t-il ? Les étudiants de l’ULg participent-ils à ces réseaux ?
Une enquête réalisée tout récemment par le SEGI nous indique que, pour ce qu’on peut en savoir, on trouve sur Facebook un groupe « ULg » qui compte 1.058 membres, ce qui est beaucoup. On en trouve également d’autres: « HEC-ULg » (732 membres), « Faculté de Droit « (214), « Ingénieurs civils » (195), « HEC Alumni » (187), « Faculté de Médecine » (122) et « Etudiants vétérinaires » (113). On y trouve aussi beaucoup de groupes relatifs aux principaux établissements d’enseignement de Liège, des groupes Erasmus, etc.

Le pli est donc largement pris et on comprend d’emblée le mécanisme d’appartenance à un réseau large, mondial, mais aussi à des sous-groupes plus restreints. Si ces sous-groupes peuvent définir une catégorie particulière de gens qui ont (ou pensent avoir) un point commun (par exemple: les joueurs d’échecs ou les philatélistes), il est intéressant de remarquer que se constituent, dans Facebook, des sous-groupes « ULg » ou « Etudiants vétérinaires à l’ULg ». Ceci indique donc qu’il existe un usage potentiel pour un réseau organisé dans la Maison.

L’existence d’un réseau propre à l’ULg ne remplacerait certes pas l’usage d’un système plus vaste, mais pour autant qu’on laisse aux étudiants le loisir de le gérer et de le modérer eux-mêmes (afin d’éviter à la fois les dérapages ou un sentiment de « Big Brother is watching you! » qui constituerait un frein à l’adoption des réseaux maison), il pourrait trouver une utilité et concourir à une meilleure solidarité étudiante, une meilleure mobilisation dans leurs rangs pour une implication dans des responsabilités de politique étudiante au sein de l’ULg. Il pourrait aussi servir d’organe de diffusion à la disposition des étudiants pour une plus grande liberté d’expression et une plus grande participation à la vie de l’Institution. On imagine également l’efficacité d’un tel outil pour la simple diffusion d’informations en matière de culture, de divertissements et d’organisations diverses ou tout simplement pour des contacts rapides liés aux cours, aux horaires, etc. Enfin, en tant que facilitateur potentiel de la socialisation de certains étudiants peu enclins aux contacts sociaux directs, un tel outil représente un facteur supplémentaire de réussite.
Et il n’est nullement besoin de réinventer la roue, notre système très avancé et déjà bien en place, myULg, peut être la base d’un développement de cette nature.

Pas que pour les étudiants
Enfin, on réalise aisément l’intérêt d’un tel système pour les diplômés, les anciens qui pourraient ainsi rester en contact, reprendre contact, s’aider dans leur recherche d’emplois et garder avec l’institution elle-même, et sa toute nouvelle cellule de suivi des diplômés en particulier, un lien fort utile. L’Association des Amis de l’ULg, récemment renommée « RéseaULg » (tiens donc!) devrait également y trouver un intérêt car le principe étant basé sur les réseaux de réseaux et leur imbrication en poupées russes, les associations disciplinaires ou thématiques pourraient également profiter de ce système.

Le projet, à l’étude au SEGI, devrait être disponible dans quelques mois et confirmer, s’il en était encore besoin, le profil de notre Institution en tant qu’Université numérique…

Ce vendredi, célébration à Paris, dans les magnifiques locaux de la Délégation Wallonie-Bruxelles et en présence du Délégué général, William Ancion, des 20 ans de Kernos, la revue sur la religion grecque antique publiée par l’ULg.

Ses fondateurs, André Motte et Vinciane Pirenne, qui ont eu l’audace de lancer une telle revue à une époque où, déjà, la documentation scientifique commençait à souffrir de l’écart entre l’offre et les moyens, et qui ont eu la persévérance de garder le cap pendant autant de temps, donnant à la revue un statut international de premier plan, avaient réuni un large parterre de spécialistes et connaisseurs. Certes, la revue, aujourd’hui diffusée par les « Editions de l’ULg », ne paraît qu’une fois l’an et à 300 ou 400 exemplaires (sauf pour ses suppléments, des monographies très réputées), mais elle s’est imposée comme incontournable pour les experts du monde entier. Publiée en français, anglais et allemand, la revue s’adresse à des lecteurs peu nombreux, mais qui, tous, la connaissent, en Europe, aux Etats-Unis, au Japon ou au Brésil.

Et c’est bien là que réside le mérite: avoir le courage de l’excellence, non pas nécessairement pour une diffusion de masse, mais pour offrir à tous ceux qui partagent un savoir et le font progresser ensemble, un outil de diffusion incontesté et apprécié, qui fait honneur à notre Université.

J’ai eu le plaisir d’être interrogé sur l’Open Access par Jacques Olivier dans le cadre de son émission à la RTBF: « Graine de Curieux », où Robert Halleux a eu également l’occasion de s’exprimer sur l’Histoire du FNRS.

Qu’il est agréable d’avoir le temps d’expliquer les choses à son aise et comme on l’entend… Ca change des interviews de 25 secondes…
Merci à Jacques Olivier, auteur en outre d’une remarquable introduction sur le sujet et hôte parfait, sachant merveilleusement faire valoir son invité.

L’interview peut être écouté en podcast, et… en Open Access, évidemment !
La deuxième partie sera diffusée le dimanche 11 novembre à 17 heures sur la Première et sera ensuite disponible à la même adresse web.

Encore mieux qu’un article de blog!

Beaucoup de choses à dire pour une semaine bien chargée (mais y en a-t-il d’autres?)…

Un évènement combiné : le lancement du Master en Arts du Spectacle à la Faculté de Philosophie & Lettres et la présentation des projets architecturaux du futur emplacement du Théâtre de la Place, dans le bâtiment octogénaire de la Société d’Emulation (largement bicentenaire, elle), en notre Salle académique, symbolisant ainsi la collaboration entre le théâtre et l’Université pour cette nouvelle formation. L’année de la Culture a bien démarré…

Un voyage royal en Irlande qui, s’il n’a pas comblé toutes nos attentes en matière de collaboration avec nos homologues irlandais, a paradoxalement permis une interaction peu banale entre les délégations universitaires flamande et francophone ainsi qu’entre les délégations universitaire et économique… Moment important. J’y reviendrai.

Plus de 600 personnes au BioForum, venant de Wallonie, de Flandre, de Bruxelles, de Hollande, d’Allemagne, de France, du Luxembourg, de Roumanie… Une nouveauté pour cette 11ème édition : la « Job Fair » avec plus de 200 curriculum vitae « on line » et, dès 16 heures, 2 emplois trouvés, mais cela continue…

Un très beau concert du Choeur universitaire dans la grande verrière du CHU, où les accents de la Messe d’Anton Dvořák ont été merveilleusement servis par l’acoustique du lieu. En attendant le Messie de Haendel au printemps…

Plus de 200 personnes à la « Rentrée des doctorants » de l’ULg. Enormément de jeunes et trop peu de « patrons ». Un peu dommage pour ces derniers car nos messages sur le doctorat aujourd’hui et surtout demain concernent presqu’autant les promoteurs de thèses que les doctorants eux-mêmes… Mais beau succès pour les jeunes qui se lancent dans la recherche, excellents débats.

Plus de 500 personnes à la Soirée du Personnel au Château de Colonster et sous un vaste chapiteau dans le parc. Un beau moment pour une grande « réunion de famille »…

Une proclamation des diplômés de la Faculté de Philosophie & Lettres dans le 600 places archi-comble qui nous a valu de découvrir un violoncelliste d’un talent fou : André Mergenthaler et son « cello loop ».

Et la semaine qui vient sera « chaude » également, avec
- de nombreuses discussions inter-universitaires,
- l’accueil d’un recteur vietnamien et le renforcement de nos alliances là-bas,
- un Conseil d’Administration fort nourri,
- la réunion à l’ULg des partenaires du programme BioSmile, un des plus grands consortiums européens de recherche en Biotechnologie qui rassemble les forces de diverses régions de 7 Etats membres : la Belgique, l’Irlande, le Royaume-Uni, le Luxembourg, les Pays-Bas et une grande partie de l’Allemagne et de la France et est financé dans le cadre du Programme Interreg III B,
- la réunion à l’ULg de recteurs provenant de nombreux pays d’Europe en vue de la création de l’ « EurOpenScholarship », en vue d’une prise de position des universités européennes dans le domaine des publications en « Open Access »,
- l’Unifestival, une grande soirée de concert, un espace dédié au théâtre de rue et aux arts du cirque, une vitrine des milieux associatifs et culturels de la région, un rendez-vous des cercles facultaires, un carrefour culturel organisé pour et par les étudiants,
- une rencontre avec les chercheurs FNRS de l’ULg,

Je pourrais difficilement cacher ma fierté à propos du site REFLEXIONS de l’ULg, qui rend hommage aux chercheurs de notre Université et, à travers eux, à la recherche scientifique en général.
C’est, à ma connaissance, le premier site francophone du genre et il est d’une classe et d’une qualité exceptionnelles.
Reflexion, sans accent pour les anglophones (le site est entièrement bilingue) et avec un x pour les francophones, il en faut pour tout le monde.
Reflexion, pour le double sens de réfléchir (penser, chercher à comprendre) et réfléchir (être le reflet de ce qui se fait à l’université).

Il y a quelques années, l’idée m’était venue que, si les missions majeures de l’université étaient la recherche et l’enseignement, c’est-à-dire la création du savoir et sa transmission, nous devrions mieux faire connaître les travaux de nos chercheurs, dans un langage compréhensible par tous et avec des outils d’explication modernes. De plus, on devrait pouvoir donner ces explications à différents niveaux pour un public très varié. L’internet se prête parfaitement à cet exercice.
Bien évidemment, ceci ne remplace en rien la publication ciblée pour les spécialistes du domaine et la communauté scientifique avertie et compétente.

On dira que cela confine chez moi à l’obsession, mais je suis convaincu que REFLEXIONS s’inscrit très exactement dans la ligne de la diffusion des résultats de la recherche en accès libre pour chacun, il est le parfait exemple « grand public » de l’Open Access.
Et c’est bien normal. La très grande majorité des recherches fondamentales réalisées dans une institution comme la nôtre le sont grâce à des subventions publiques. Il est donc normal que le contribuable qui a, même sans le savoir, subventionné nos recherches, puisse être informé clairement et de manière compréhensible, sur ce qui est advenu de sa contribution.
C’est le principe même de l’OA, sans doute encore plus compréhensible dans ce cas.

Le travail est gigantesque et, même en l’état actuel, suscite l’admiration. C’est pourquoi je rends ici hommage à Henri Dupuis et à son équipe, car nous avons voulu qu’un site aussi important pour nous que celui-là repose à la fois sur l’expertise des chercheurs et sur celle de professionnels du journalisme de vulgarisation. J’encourage d’autres chercheurs et d’autres journalistes à se lancer dans l’aventure. Quoi de plus enthousiasmant pour un chercheur ou une équipe de recherche que de voir ses recherches exposées de la sorte et comprises par tous, au moins dans ses principes et dans la mesure où elles contribuent utilement au progrès des connaissances, non seulement des spécialistes, mais de tout le monde ?

Mais ce qui vous convaincra le mieux de l’intérêt de ce site, c’est encore d’y aller vous-même.

Etrange, cet enthousiasme francolâtre des liégeois qui se cristallise le 14 juillet par l’ampleur des réjouissances républicaines… Et cependant sympathique en diable.

Les liégeois ne s’en rendent pas toujours compte, mais vus par les non-liégeois, ils sont « principautaires » avant tout. Et pourtant, la principauté de Liège, c’était bien plus que l’actuelle province, bien plus que la région liégeoise.
Pourquoi, alors une fête de la République française emporte-t-elle un tel succès? Faut-il y voir un profond sentiment « rattachiste »? Pas si on interroge les gens en général.
Peut-être est-ce une occasion de manifester qu’une « autre » fête peut supplanter notre fête nationale… Qui, ayant lieu le 21 juillet, juste une semaine plus tard, supporte mal la comparaison.

Mais alors, pourquoi ne pas trouver une occasion plus spécifiquement liégeoise?
Le 14 avril, date de l’avènement de Notger, le premier Prince-évêque, en 972? Il donna à Liège sa première grandeur et en fit un centre de premier plan en matière d’enseignement dans le Saint Empire germanique.
Le 6 janvier, pour célébrer la date putative de la fondation d’une Liège indépendante, en 980?
Le 9 avril, pour l’application de la charte d’Albert de Cuyck en 1230?
Le 6 juin pour la « Lettre des Vingt-deux » et le triomphe de la démocratie, en 1343, ou le 1er juillet et la « Lettre de Saint Jacques », qui confirme la précédente, la même année?
Le 27 octobre pour les infortunés 600 franchimontois? Mais ils ne donnèrent lieu qu’au sac de Liège en 1468, dont on dit que l’incendie dura 7 semaines, et à l’exil du Perron à Bruges.
Le 2 mai pour le sacre d’Erard de la Marck? Pacificateur et grand bâtisseur, on lui doit notamment le Palais des Prince-évêques, même s’il n’en vit pas l’achèvement.
Certainement pas le 1er octobre, date de l’annexion de Liège par la Première République française en 1795, qui mit fin à 800 ans de Principauté et qui aurait dû inspirer aux liégeois une haine coriace de la France!
Pourquoi donc le 14 juillet, qui n’eut aucun impact sur Liège, si ce n’est l’avènement d’un régime qui mit fin à la fierté séculaire des liégeois 6 ans plus tard?

Non. Décidément, les liégeois sont différents, souvent sans s’en apercevoir, ils paraissent parfois incohérents ou incompréhensibles, ils restent attachés à une tradition d’indépendance millénaire même si celle-ci fut perdue il y a plus de 200 ans, mais ils sont assez particuliers, même dans les festivités qu’ils célèbrent, pour que les autres wallons le ressentent profondément, à juste titre ou non…

Qui sont-ils vraiment? Et qui veulent-ils être?


Jean-Pierre Cassel, lors du tournage des « Sapins Bleus » au château de Colonster, le 29 décembre dernier.

On l’attendait depuis quelque temps, depuis que la sonnette d’alarme avait retenti en France le mois dernier. Nous venons de voir débarquer en masse de nombreux exemplaires de « L’Atlas de la Création », un luxueux ouvrage de près de 800 pages signé Harun Yahya, magnifiquement illustré et qui se consacre entièrement à la réfutation des lois de l’évolution des espèces. Nous ne sommes pas les premiers. L’ouvrage a déjà inondé tous les continents, tel un raz-de-marée de l’obscurantisme. Certes, le propos, répétitif et lancinant, est d’un simplisme navrant qui ne saurait tromper un esprit un peu averti, mais il peut être extrêmement pernicieux pour les personnes peu instruites qui ne manqueraient pas de se laisser impressionner par la qualité de la réalisation. Car en effet, c’est là le truc: donner à cet ouvrage un aspect terriblement convaincant, par le luxe même de son édition.

C’est d’ailleurs ce qui a fait réagir la Ministre Marie Arena qui, face à l’envahissement des écoles par ce cadeau empoisonné, a immédiatement diffusé un communiqué visant à « mettre en garde de l’ensemble des équipes éducatives contre les valeurs véhiculées dans ce document », communiqué relayé et commenté par la Libre Belgique hier. L’Université n’a pas échappé au fléau.

Le concept est surprenant, mais efficace. On n’ose penser à l’investissement que représente l’impression et l’envoi ciblé de millions d’exemplaires partout dans le monde. Ce pathétique effort de conviction au service d’un véritable révisionnisme créationniste est servi par des moyens incommensurables. L’auteur, un turc nommé Adnan Oktar, n’en est pas à son coup d’essai. Il a également commis un livre négationniste intitulé Soykırım Yalanı (Le Mensonge de l’Holocauste) et toute sa biographie est édifiante.

L’auteur explique que l’évolutionnisme selon Darwin est une imposture car seule la Création s’impose à l’évidence. Qu’on retrouve des formes fossiles identiques aux animaux ou plantes actuels suffit, à ses yeux, à démontrer l’inanité du concept de l’évolution. Jusque là, rien de très grave, c’est seulement risible. Cela procède du principe affligeant que M. Toutlemonde peut avoir son avis sur un principe scientifique amplement démontré et qui n’est plus, depuis longtemps, une théorie, même si on continue — à tort — à l’affubler de ce statut fragile. Mais quand un long chapitre est consacré à nous démontrer que Darwin est lié conceptuellement à Hitler et au terrorisme tel que nous le subissons aujourd’hui, et que seul l’Islam est l’issue salvatrice, il y a un très gros problème… Si vous avez échappé au livre, il existe également un site web du même tonneau, mais dont le caractère racoleur saute plus directement aux yeux.

Malgré la qualité technique et artistique de cet ouvrage, son contenu anti-scientifique est pervers et sa place n’est donc pas dans nos bibliothèques, mais au pilon. Sauf à en garder quelques exemplaires pour attester historiquement de l’existence d’une pensée aussi rétrograde en 2007.

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